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mardi 10 novembre 2009

Ce foutu garçon est un gros rigolo

Aujourd'hui, mon autre moi tente, après des analyses incertaines de commentaires du Figaro puis de passionnants MP3 de mes soirées beuveries, d'évacuer toute la frustration liée aux joyeuses manifestations de la Chute du Mur de Berlin, date tragique pour moi s'il en fut alors que s'effondrait devant moi les rêves humides d'un Grand Communisme Qui Rend Heureux Ou Mort Ou Les Deux.

Heureusement pour ma part d'ombre, pour ce Thierry là lui reste l'occasion de tapoter un peu sur son clavier en pleurnichant quelques aigreurs : les libéros, ils sont pabôs, le libéralimse, c'est du fachimse, et les capitalistes me rendent tout triste.

Et heureusement aussi, j'ai su trouver dans d'autres pays la possibilité d'une île communisto-paradisiaque, comme l'écrirait un Houellebecq que je cite histoire de faire culture, un peu comme lorsque Thierry CSP cite un auteur, n'importe lequel, mettons Bourdieu. Un peu de Name Dropping à la Delerme, c'est terriblement bobo, mais Thierry le vaut bien, il est cultuviré culturé cultivé, non ?

Car s'il n'y avait pas le gros Chavi vénézuélien, qui et où porterait l'espoir de Thierry CSP ? Et comment le Comité de Sévice Public continuerait-il son œuvre salvatrice d'épuration séminale des colombins crassous qu'il nous pond péniblement dans des contorsions abdominales auxquelles une nouvelle constipation carabinée n'est pas étrangère ?

En effet, ne l'oublions pas, Chavez, le Thierry CSP, mon autre moi-même en version langée pas nettoyée, il l'aime terriblement ; c'est le vrai communisme appliqué qui ne va pas foirer parce que comprenez-vous, lui, c'est un type réglo. Pas comme les autres, là, qui ont construit le mur et ont tout méchamment fait foirer à l'Est. Ou ont posé des miradors et affamé au Nord.

Non.

Là, c'est du sérieux. En plus, notre Lider Rondissimo a le bon goût d'être dans un pays pété de pétrole. Y'en a partout ! Troisièmes réserves mondiales !

Le Vénézuéla de Chavez, l'énergie, ça le connaît !

C'est pour ça qu'ils épargnent. A fond les ballons (d'eau pas chaude) : rationnement d'électricité, des douches, plus de golf pour les salauds de petits bourgeois et plus d'investissement dans les infrastructures non plus pour faire bonne mesure, et hop, on prépare doucement l'ensemble de la population à passer en régime militaire.

Oooh.

C'est tout de même gênant, ce gros foirage communiste dans un pays qui regorge de pétrole, avec un climat assez favorable pour faire pousser tout et n'importe quoi, proche de voies maritimes, aériennes majeures, touristique et dynamique, bref, avec tout pour plaire et qui plaisait encore pas mal y'a 15 ans...

De loin, on dirait que tout ceci s'est déjà joué quelque part.

Mais où ?

mardi 27 octobre 2009

Le bulot inutile

Plombé par mes sordides histoires de tuyauterie interne, décrédibilisé par un vilain Mélenchon pas du tout accomodant au point d'aller fricoter avec le PCF au lieu de suivre la stratégie que j'avais pourtant lourdement indiquée, entouré d'incapables incompétents et militant-e-s "N"PA dont la moitié sont plus ou moins ouvertement moustachues, confronté à l'installation d'une crise financière because chômedu qui dure dont personne ne peut plus croire qu'elle soit "derrière nous", flingué par des statistiques en berne même quand elles sont truquées, parvenant à braquer même certains de mes coreligionnaires quand j'éructe mon fachisme d'opérette, constatant avec une grandissante angoisse que ma base de lecteurs se livre à une véritable compétition de trolls sous l'œil ricanant d'un spoof déchaîné, mon autre moi-même que nous subissons tous n'est pas en grande forme. "Bof bof", lui dit l'air du temps et le prochain cassoulet en boîte de ce soir qui s'annonce musical et sent à plein nez le vote-sanction de mes intestins pour un retour aux repas normaux...

Mais Thierry a plus d'un tour dans son sac. Bon, enfin, non, pas vraiment. En fait, il n'en a que deux, mais des gros : les ultranéolibérôs vont nous faire la pô - la France est livrée au libéralisme débridé et il faut un homme un vrai avec des baloches comme des melons d'eau, du cuir, des clous et des chaînes pour nous amuser et cet homme providentiel ce sera moi Thierry CSP -, et quand ça marche pas, la grosse artillerie, celle qu'on sort pour les grandes occasions afin d'adresser un signal fort à la frange la plus moisie de ses lecteurs : le beuglement contre toutes les fachitudes. Traduire : quand ça va mal, sortir la litanie sur la droite fachoïde qui empêche les gentils gens de gauche de s'exprimer, qui en veut à nos femmes et nos enfants, et aussi un peu de cul parce que ça fait vendre, le cul.

Mais quoi de nouveau là dedans ?

Pas grand'chose, puisque l'aspect La Droite Est Facho et Le Pays Est Aux Mains Des Libéraux sont la tarte à la crème d'une rédaction en dilettante de tout gauchiste adolescent sur un blog de plus en plus barbant. Faire appel au grand soir sur l'air connu de la Résistance aux Chemises Brunes permet toujours de mettre les vrais problèmes sous le tapis - un exemple parmi d'autres : la terrifiante montée d'un stress mortifère quand on est seul, chez soi, et que Butch est tombé à court de rustines - pour jouer la carte du bon petit bloggueur engagé avec le combat aux tripes, prêt à défendre des vrais valeurs, et qui n'hésitera pas à monter en haut des miradors quand il faudra surveiller les vilains gens de droite.

Thierry est inquiet pour l'avenir ? Son boulot, quand il en a un, est à chier et les conditions dans lesquelles il vit se dégradent à vitesse grand V rapport à la moisissure dans la salle de bain qui galope sur le plafond ? La seule fille qu'il peut approcher s'habille comme un pute et prend 30€ la passe, et c'est déjà beaucoup quand on est au chômage ? Il a un crédit-revolver pour éponger une ardoise en béton au Balto et il se demande quand il va être en sur-endettement tout en sachant que c'est imminent ? Il regarde le JT (pas chez lui, la téloche est en panne, alors il va à la cellule du "N"PA pour ne pas trop se sentir seul) qui lui montre que ça va mal et il se demande quand les Iraniens vont faire péter la bombe ? Son monde est recroquevillé autour d'un militantisme de blaireau et de son aliénation de salarié exploité qui ne pense qu'à la révolution qui ne vient pas ? Il a voté PCF, un temps, et puis Olivier, et il se dit qu'il va devoir voter Méluche discrètement parce que le "N"PA, c'est vraiment pas ça et il ne sait plus où il habite dans Toulouse ?

Pas de problèmes !

Parce qu'au moins, il lui reste quelque chose à quoi se raccrocher.

Thierry, tu es un bulot, crénom !



Evidemment, être un bulot, c'est pas super-porteur dans le monde de brutes qui nous entoure. Alors Thierry fait des petites bulles de bulot, il mousse un peu quand on lui met du sel sur le pied. Pour baver, il bave. Le pied, c'est ce qu'il a de plus développé. Il écrit tout son blog avec. C'est dire. Alors quand ça parle d'identité nationale à droite ou à gauche, paf, voilà le petit gastéropode marin qui se lève comme un seul homme bulot et, à la force de son petit pied, écrire un billet torride sur le fascisme et l'embrouille supposée ou réelle d'un gouvernement qui tente de faire oublier ses lamentables procrastinations en lançant des débats à la con.

Evidemment, ensuite, il est toujours aussi pauvre et con, hein, mais en plus, il est tout sec d'avoir tant bavé.

Alors, il attend la marée, histoire de se ré-imbiber.

Et ça c'est important, de se ré-imbiber.

lundi 28 septembre 2009

Pourquoi Thierry parle politique ?

(Ne connaissant manifestement rien à la situation politique allemande, je me dis qu'après tout, mes lecteurs et teuses sauront être indulgents : ce billet n'est pas le premier a démontrer toute la puissance de mes capacités d'analyse politique - et je ne vous parlerais pas de Mélenchon qui se rapproche du "N"PA, c'est un gag déjà vieux !).

Hier, j'ai encore bien étanché ma soif à coups de monacos. Et c'est en sentant cette douce euphorie alcoolique s'emparer de moi alors que j'enfilais gaillardement mon deuxième verre que je me suis demandé pourquoi le FDP de Guido Westerwelle fait 14.6 %. Il s'agit du parti libéral allemand et, soyons clairs, des scores à deux chiffres me rendent tout chose. C'est donc avec un début d'érection un peu douloureux dans mon cuir trop serré (ce n'est pas un choix, c'est un effet secondaire de ma muscu aux twix) que je me suis lancé dans une fine analyse politique comme vous avez déjà pu en lire dans mon blog.


Avec la capacité de réflexion d'une TI-57 II, petite calculatrice antédiluvienne dont je n'ai toujours pas fini de faire le tour, je commence par détecter un paradoxe : d'un côté le CDU, chrétiens et démocrates, de l'autre, des ultranéolibéraux qui, comme chacun le sait, sont tous résolument païens et anarchistes. Le mix est détonnant. Non ?

En fait, une fois des recherches menées, je vais fort habilement choisir l'analyse la plus orientée possible pour étayer mon raisonnement. Je choisis une petite citation d'un site suisse, le Temps, et j'en fais toute une marmelade bien sucrée où j'explique que l'individualisme blabla et l'hédonisme pipopipo, Seb Musset lèche-lèche slurp slurp et le FDP a compris l'époque dans laquelle il vit et qu'il mélange des baisses d'impôts et une plus grande liberté patati patata, en arrivant à la conclusion que ces abrutis de classes moyennes n'étaient pas foutus de comprendre qu'il fallait rejoindre les crétins des "classes du dessous". (c'est comme ça que j'appelle les ouvriers : classes du dessous. C'est méprisant, mais moi je peux, comprenez : je suis de gôche. Et je peux mépriser ceux des classes du dessus, parce que non seulement je n'en suis pas, mais je suis de gôche. Et je vous emmerde, dois-je le rappeler ?)

En pratique, il m'est surtout insupportable de constater que le discours cucul la praline du PC et agressivement bête du "N"PA n'arrivent pas à mobiliser les foules, que le communisme est en train de claboter dans la boue qu'il n'aurait jamais dû quitter et que le libéralisme, aussi méchant et vilain et individualiste qu'il est, lui, sait s'adapter.

En pratique, je masque fort mal toute la condescendance dégoulinante que je peux avoir envers ceux qui ont le culot de ne pas voter comme moi, alors qu'en bon militant, je devrais plutôt faire preuve de prosélytisme. J'ai bien du mal à cacher mon mépris de ces prolos qui votent FN alors qu'ils étaient, jadis, ceux qui alimentaient les bataillons rugueux des ouvriers votant communiste, trotskyste ou je ne sais quel gauchisme.

Et en pratique, je ne vais surtout pas m'abaisser à comprendre qu'en réalité, en 50 ans, la France s'est surtout remplie d'une grosse et dodue classe moyenne, au dépends de la classe ouvrière et de la grande bourgeoisie, que c'est elle qui vivote sous les coups de boutoirs fiscaux et qu'elle commence à en avoir plein le derrière de la solidarité de baltringue qu'on lui impose à coup de slogan socialo-miévrichons, collectivistounets et démoralisants autant que moralisateurs. Pas étonnant, dès lors, que la montée du libéralisme qui réclame moins d'emmerdes me soit totalement hermétique. Je ne suis pas équipé pour comprendre.

Je préfère m'en tenir à ma litanie de bouffon bas du crâne et ras de la nuque :

Ils font vraiment rien qu'à m'embêter les libéros d'abord. C'est vraiment trop injuste.

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