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lundi 19 octobre 2009

The Thierry Code

Nul me lisant ne peux ignorer les gloussements étouffés qui s'emparent du lecteur moyen quand je tente une analyse politique. Il rit, mais il rit, Dieu ! que je suis méprisable et ridicule. Autant mon lecteur peut se sentir compatissant et plein d'un sincère désir d'aide envers ceux qu'on nomme souvent abusivement handicapés mentaux - qui sont pour l'essentiel les personnes que je pousse le week-end quand j'ai un job et qui méritent surtout qu'on tente de leur apporter un soutien au quotidien -, autant le crétin bolchevique que je mime péniblement dans chaque billet en réclamant plus de sang sur les murs et plus de petits coups de quéquette dans de moites orifices n'arrive plus à se faire prendre en pitié. Et bien évidemment, ce que je préfère entre tout, c'est inonder d'amères larmes mon pauvre clavier innocent pour gémir l'à quel point il est cruel et douloureux de vivre ici, dans cette France libéralisée à mort. Ça, c'est réellement très très drôle.

Mais ça va plus loin.

Si on en restait là, on trouverait seulement pathétique mes gémissements de minet en manque cruel de reconnaissance, d'affection et d'une bonne grosse dose de sexe pour calmer des hormones frénétiques.
En réalité, je peux faire beaucoup plus fort.

Cf. mon article sur Glen Beck, un type rigoureusement inconnu de mes lecteurs mais avec lequel je vais les assommer sans prévenir en leur sortant les balivernes habituelles : travaillant sur Fox, il est obligatoirement un ultra-néo-libéral qui fait faire des triples saltos arrière à Milton Friedman du fond de sa tombe (parce moi, Thierry, j'ai tout bien compris au libéralisme et je connais bien la différence entre Milton et Friedrich, je sais de quoi je parle alors je peux écrire aussi sur Beck en le qualifiant d'ultralibéral). Crédibilité.

Parce que l'ultralibéralisme, il est comme ça :
Partout.
Et y compris dans les endroits les plus déconcertants, c'est dire l'atroce fourberie de la sinistre chose :

Oui. A la SNCF, à France Télécom, à la présidence, dans les médias, il y a des gros morceaux de libéralisme.
Thierry CSP l'a vu. Thierry CSP sait. Et Thierry CSP est parti en croisade pour convaincre le monde que l'hydre n'en finit pas de renaître.

Ok. Là, évidemment, on ne s'interroge même plus sur mon degré de santé mentale : on a compris que non, ce n'est pas un sketch inédit des Monty Pythons, ce type très agité est très sérieux, et il VOIT des symboles du libéralisme partout. Y compris chez Marianne, et si il y en a jusque là, que penser du reste du monde ?

Et le mieux, c'est que ce n'est pas là un type isolé passant son temps de chômeur à hurler sa haine du monde méchant qui l'entoure sur un blog répétitif devant des internautes mi-hilares mi-épouvantés : il y en a tout un parti d'ampleur nationale, avec des membres payés pour dire ça. Que le grand capital vous spolie, que la révolution est au bout du chemin ou du rouleau, au choix, et que l'insurrection ferait bien de venir parce qu'actuellement, Thierry se fait un peu chier dans son petit appartement toulousain mal isolé.

Et vient une autre question, du coup : est-ce que tous les militants "N"PA sont aussi cinglés que lui ? Est-ce qu'en France, sur-puissance collectiviste par excellence, il existe un nombre non-négligeable de personnes qui pensent qu'il a raison ?

A vrai dire, leur nombre fluctue sans cesse. Notamment au "N"PA dont les adhésions sont en chute libre. Mais il y aura toujours, dans cette France qui adore les élans prépubères d'ados boutonneux toujours en lutte contre une société qui a de moins en moins de temps à passer sur leurs cas psychiatriques, une petite tendresse coupable pour les abrutis fascisants.

C'est comme ça. Il faut s'y faire.

jeudi 8 octobre 2009

L'art du fantasme

(Votation tronquée, votation truquée, voilà le résultat : j'ai décidé de vous l'infliger)


"Mon cher W.,

Regardons notre situation et convenons tous deux qu’en ce moment, nos situations amoureuses sont … calmes. C'est la dèche. J'en ai le sexe tout sec et tout petit rabougri que d'y penser. Nous ne sommes pas à plaindre : j'ai mon Butch, tu as ta main droite.

Mais est-ce réellement suffisant ?

Déjà vieux garçon et en délabrement fort avancé malgré mes séances de musculation et force onctions d'huiles essentielles, ne pouvant envisager sérieusement – du moins vu l'état rikiki de mes finances – de m'installer dans une hasardeuse aventure de couple, je fais choux blanc depuis un bon moment maintenant, accomplissant même parfois une apaisante intromission de sextoys, esclave d'une libido sauvagement dopée au viagra, encore à chercher en goguette une étincelle de joie dans de nouveaux bars interlopes et à améliorer mes compétences en ouverture de braguette. Et en vérité, cela est bel et bon.

Cependant.

N’y aurait-il pas quelque moyen, quelque stratagème à mettre en œuvre afin que de, disons, essayer de faire mieux ? Et je veux dire, tellement mieux...

Tu me le disais toi-même : comme tout un chacun, nous sommes tributaires de notre entourage immédiat, et force est de constater que bon ... au Parti elles sont toutes moches et velues et ne semblent pas offrir de promesses de félicité ... au-delà d'une bonne prise de tête bien typique des camarades de l'Amicale Laïque des Enculeurs de Mouche. Quand ce ne sont pas les harpies furieuses en bottes de la branche LGBTiste, dont j'évite les AG comme la peste, sauf à me faire tout petit en rasant les murs, incognito, pas vu pas pris, ce qui n'est pas facile vu ma corpulence, qui au demeurant, me fait brasser beaucoup d'air dans la vie comme sur la toile.

Il nous faut tenter autre chose pour compenser nos lourds handicaps de départ. Dame Nature ne nous a certes pas gâtés. Mal gaulés, gauches, aussi subtils que peuvent l'être des groupies redskins, et sapés avec l'élégance de militants altermondialeux. Pourquoi ne pas faire de ces faiblesses un avantage? Affichons nos tares, mettons-les en avant. Intimidons l'adversaire, qui adore se laisser faire, les chiennes lubriques ne demandent que ça, et je m'y connais en psychologie, j'ai lu le courrier des lectrices de Biba pendant des années. Ne pas hésiter à en rajouter dans le côté rustre, voilà toute ma feinte, développée grâce à ma longue expérience des rateaux. Et de préférence, pas sous influences psychotropes ce qui m'évitera de fâcheuses rencontres humides dans lesquelles, systématiquement, je fais la femme.

Il nous faut découvrir de nouveaux horizons, de nouveaux paysages, partir à l'assaut de nouvelles manières de se satisfaire l'entre-jambe : et pour cela, il faut nous faire violence, ce qui nous connaît. Sortir de nos propres sentiers battus, se confronter à nos certitudes, interroger symboliquement nos présupposés. Bref, se sortir les doigts.

Sans doute faisons-nous erreur quelque part. Nous avons trop longtemps cédé au Diktat castrateur des codes féministes, enfoncé dans le cerveau de tout militant convaincu que le genre est une construction bourgeoise, destinés, je le crains à nous priver de notre belle virilité, ainsi que l'a fort bien expliqué mon mentor Alain Soral, lequel m' a ouvert les yeux sur un certain complexe d'infériorité qui me pourrissait le moral. Je dois l'avouer, Alain a libéré mes pulsions phallocrates, dont j'appréhendais mal la profondeur, mais plus rien ne sera comme avant. J'ai vu la lumière. La lutte des classes n'était qu'une mise en bouche, le prélude à la seule vraie lutte qui vaille : la lutte des sexes. Alors voilà, ça y est je suis en guerre, avec tambours et trompettes, tout émoustillé, un vrai foudre en rut, prêt à bondir sur tout ce qui bouge, l'organe dressé au garde-à-vous dans un bel élan militaire. Qu'on se le dise, il n'y aura pas de quartier! Tremble Toulouse! Les parties de Baudis c'était de la gnognotte à côté de ce que je vais leur mettre.

Cette fois j'ai décidé de pécho pour de bon. C'en est fini de faire du sentimentalisme égalitaire. Revenons à la culture de la hiérarchie.

C'est vrai, depuis que j'ai lu des résumés de Houellebecq chez ILYS, j'ai viré complètement réac honteux, c'est plus fort que moi. Ne suis-je pas au fond ce nouveau Houellebecq que la gauche orpheline de Drieu attendait? D'ailleurs ce salaud m'a piqué toutes mes idées. C'est. Certain. Je ne peux pas m'empêcher de lurker régulièrement la réacosphère, en me disant que j'aurais pu en être, sans ce côté borderline totalement incontrôlable qui m'a repoussé dans les marges de la radicalité gauchiste, où l'on sait apprécier à juste titre mon penchant pour les Sévices en public. Il faut bien reconnaître que je fantasme depuis toujours sur la bourgeoise, les meufs de droite sont quand-même autrement mieux sapées et bandantes que celles du NPA. Elles représentent pour moi une sorte de point de fuite inaccessible à l'horizon indépassable et vous savez comme le gauchiste aime à interroger symboliquement les horizons indépassables. Mais baste, ne dévoilons pas si subitement les multiples facettes de ma personnalité. Encore une fois nous ne sommes nous pas les plus malheureux, loin de là, mais...bon c'est vrai qu'entre mon désert affectif, mon désert financier, mon désert dans le frigidaire, mon désert intellectuel et mon désert littéraire, ma vie se présente surtout comme un immense Sahara rocailleux et aride. Et soyons clairs, ce vide sec et poussiéreux montre que jusqu'ici je m'y prenais comme un manche niveau drague - et pas seulement parce que mon autre main était occupée. Car je suis trop malin, c'est évident. Et partant, profondément incompris du sexe faible. Et célibataire endurci, ça va de soi.

Nous sommes beaucoup trop fins.

Surtout en mode furtif.

Parce qu'il m'apparaît évident que mes techniques de drague, qui relèguent James Bond au rang de grossier mareyeur, ne m'ont pas permis d'optimiser mes derniers rapports charnels qui se sont surtout soldés par des ampoules palmaires. C’est exaspérant. Surtout dans l'aspect répétitif des « Je préfère qu’on soit amis » qui me volent au museau sur les...vingt dernières années disons, et de cela il n’est plus question. Pour ma part, je brise net toute velléité de ce genre en mettant d’emblée les choses au point : non, on ne sera pas « amis ». Mon quota d’amis est plein, merci. En fait je n'ai pas d'amis du tout. Ils font la gueule sur le moment ? Et en quoi est-ce mon problème ? Allons, ils nous seront reconnaissants de cette franchise quand ils apprendront, par blog détourné, l'ampleur des dégâts intellectuels auxquels ils ont échappé.

(Ah ! Quel poète chantera les tourments provoqués par cette phrase cruelle, « je préfère qu’on soit amis »... et moi d’être obligé de faire bonne figure et de répondre que mais oui bien sûr, no problemo... en me repassant intérieurement le film de plus en plus sépia d'une nouvelle soirée à m'astiquer le chinois dans un appartement enfumé).

Ajoute à ça que nous avons imaginé un tas de raisons pas crédibles pour expliquer nos minables échecs : il faut qu’il soit comme ceci et pas comme cela, et de gauche de préférence, et intelligent, et gentil, et cultivé, et pourquoi pas qu’il aille sur la banquise sauver les bébés phoques, pendant qu’on y est ! Alors qu'objectivement, si on n'avait pas cette idéologie progressiste de merde qui nous encombre, on pourrait imaginer pécho de l'étudiant en marketing et autres gaudelureaux flamboyants en école de commerce qui ne demandent, j’en suis certain, qu’à s’oublier dans nos bras grassouillets ! Pourquoi demander davantage ? Cessons d’être à ce point prétentieux, contentons-nous de ce qu’ils ont à offrir, et cherchons-le moyen de passer de « rencontre sympathique » à « mets-moi des claques sur les fesses mon gros cochon, et pour Port Leucate, oh oui je signe là c'est ça ? ».

Ne cherchons pas la drague dans la mythologie du beauf, cherchons le beauf réel dans sa drague pratique.

Hélas ! De méthode nous n’avons point. Enfin si mais comme j'ai dit plus haut, elles sont tellement optimisées que ça passe un peu sous le radar. Furtif, vous dis-je! Quant au "N"PA, pff, que des nanas archi-poilues et fidèles, quand ce n’est pas pire : femmes intouchables (et partant, de potes). On se contente finalement d’attendre… de mouvements plus ou moins vigoureux du poignet, d'objets contondants, d'un Butch qui n'est pas toujours gonflé à bloc. Disons-le : nous sommes en manque ! C'est la dèche, complète et irréversible ! Et nous ne sommes pas dans une démarche structurée de rencontres, d'autant que nos finances ne nous ne le permettent pas.

Et j'en suis las, pour ma part.



Tenter la séduction avec mon physique, mon t-shirt Che, et un budget de 8€ à deux par soirée (deux fois par semaine max), franchement, c'est pas gagné.

Et pendant que nous attendons gentiment, des hordes de ridicules spécimens d’humanité nous passent littéralement sous le nez. Souvent accompagnées des catherinettes en jupettes qui leur servent de petites copines. Quelle pitié. On en viendrait presque à les plaindre, mais nous-mêmes, que faisons-nous concrètement pour que cela change ? Pas grand'chose, admets-le...

Non non, contrairement aux apparences, je ne suis pas jaloux. Juste un peu aigri et bourré de ressentiment.

Il nous faut une méthode, une méthodologie de la rencontre amoureuse. CSP deviendra une sorte d'arme fatale. Fini les bides! Bien plus, une force de frappe idéologique, une stratégie des relations homosexuelles trotsko-compatibles ! Il faut devenir tacticiens de la libido, Farces Spéciales de la guerre des sexes, spécialistes de la guérilla de l’Eros. Bref, les necs moins ultras de l'avant-garde phallocrate en rut, allant au contact avec l’adversaire, la fleur au fusil, et lui livrer bataille sur bataille jusqu’à complète et inconditionnelle reddition. Dure reddition, ô combien dure et vigoureuse, que celle d’un ennemi consentant à une défaite humiliante !

Il faut entrer dans une démarche volontariste et structurée, en fanfare, lâcher les machines en plein milieu des conversations, comme ça Paf, par surprise, ne pas reculer devant le saut Lacantique sans parachute ! Ce qui signifie s’organiser en fonction de buts ridicules établis à l’avance. Et laissons aux indécrottables romantiques cette idée ridicule qu’il faudrait être "compréhensif" et "intelligent", et pourquoi pas "cultivé" et "ouvert", pendant qu'on y est ?

En vrac, quelques idées sur la démarche à accomplir et sur l’état d’esprit idoine, basées sur mon ... comment dire ... ma ... disons réflexion personnelle :

(Ici ont été auto-censurés les passages les plus crus. Je ne vais tout de même pas tout vous dire...)

Eux et nous, on joue pas dans la même équipe. On est tous égaux, pas de problèmes, mais en aucun cas on est pareils. Ils veulent se trouver des amis sensibles à qui se confier ? Le bar gay le plus proche, c’est dans cette direction. Et d'ailleurs, tiens, j'y suis. Et je me confie. A toi, lecteur. A toi aussi, W.

Viril = bien. Beauf = mal. N’écoute pas ceux qui disent que c’est la même chose, parce que ce n’est pas la même chose !!! Viril, c’est une qualité d’être qui s’assume dans ses opinions et ses désirs. De plus, ça peut très bien être partagé par des femmes, ce n’est pas spécifique à un sexe. Notamment les femmes de gauche, de l'extrême-gauche. Une chienne de garde, par exemple, ça, c'est de la femme virile, avec des couilles et des poils, qui mord. Comme la beauferie, par ailleurs. Si on essaie de te culpabiliser par rapport à ça, fait comme moi : écoute attentivement, fait signe que tu es d’accord, et oublie tout immédiatement. C'est comme pour un truc malin ou intelligent : hoche la tête pour montrer que tu comprends (tu sais, quand tu prends ton petit air malin, comme je t'ai montré), et oublie tout immédiatement.

Comme d'hab, quoi.

Une lopette, comme toi, comme moi, ça pense avec ses hormones : partant, pas la peine de se prendre le ... la ... disons tête à deux mains en se demandant mais bon sang qu’est-ce qu'il raconte à la fin maman maman je n’y comprends plus rien. Je pense et dis un truc à un moment, dix minutes plus tard je suis passé à autre chose. Tout oublié. Un poisson rouge. Inutile de chercher à comprendre et analyser, c’est une perte de temps. C'est vrai pour le sexe, c'est vrai pour le reste. Passer à autre chose, et le plus vite possible. Tu me suis ? Oui ? Alors c'est que tu n'as rien compris.

Ne pas s’accrocher à un particulier : en avoir plusieurs en multicibles, pour tenter le bombardement tactique, le pilonnage bourrin. Un râteau ? C'est normal, c'est le métier qui rentre. Ca fait 20 ans qu'il rentre, chez moi. J'ai beaucoup de métier.

Être patient. Très important, la patience.

Non. Vraiment.

Très patient.

Si si.

Ça marche pas pour X raison ? S'en aller. Revenir quelques mois plus tard. Insister comme un gros lourd, pour leur faire croire que tu en es, alors qu'en fait...euh...tu en es. Y aller à l'usure, tel un Stakhanov du harcèlement. Oui, quelques mois. Pas quelques minutes. Je sais, c'est long. Mais tu en prendras vite l'habitude. Espérer. Je crois que même les moines shaolins ou bouddhistes, ils ont tiré plus de coup que moi sur les deux dernières décennies. Je suis devenu un ascète du sexe dans des proportions indéfinissables, et tous les jours qui passent me rapprochent du zéro absolu ! Je tripote, pardon, je touche au grandiose du no-life total avec éjaculation de billet frustré sur internet ! Un monument à la gloire de la veuve poignet et du syndrome aigü du canal carpien !

Pourtant ça n'est pas faute d'être chaud et frétillant comme un gardon.

Et à part ça ? Être direct. Un repas cassoulet en fin de digestion ? Paf, direct, ne pas se retenir : ce qui doit sortir doit sortir. C'est mieux dehors que dedans.

Dans la séduction, le mensonge n’existe pas. Un gaz inopiné, c'est du réel, du concret, du direct in your face. On ment à quelqu’un avec qui on partage quelque chose et qui nous fait confiance mais là, c'est l'instant vérité. Si ta cible supporte ton pet, c'est bon, elle sera capable de tout supporter. Qu'il s'appelle Robert ou Sultan, qu'il ait un t-shirt "Les Routiers Sont Sympas" ou un collier avec un numéro de véto et une adresse, même combat : y'a un trou, y'a un désir.

Paf.

Direct.

Et faut bien te dire que le relou, ils ne connaissent que ça, et dans tous les domaines. Offrons donc leur un instant de vérité en les faisant rêver un peu, et comme ils réclament sans arrêt de la « magie », ça tombe bien, on est magiciens : on les encule, et paf, on disparaît.

Pfout...

Ah oui, et le contact, dans tout ça ? Comment aborder ce jeune aux tempes lisses et dégagées, à la nuque claire et perlée d'une sueur animale qui passe vers d’autres avenirs que celui que nous pourrions avoir ? Que dire à ce jeune bibliothécaire de la Médiathèque pendant que je feins de rechercher "La Distinction ; Critique sociale du jugement" de Bourdieu, histoire de faire vraiment intello ? Ah, il y a tellement à dire, tellement à faire... tant de champs sémantiques d'échangisme multipluriel nouveaux nous attendent, et puis j'ai tellement de temps actuellement avec ce chômage qui ...

Et encore, ce n’est que le début d’une réflexion de fond bien plus vaste, bien plus étendue, où je me rends compte qu’il me reste tellement encore de choses à apprendre et à découvrir... ce qui me permet aussi de ne surtout pas répondre à la question "bon, et le premier contact, hein", parce que tu sais aussi bien que moi que le seul contact que j'ai, c'est du full, et qu'en général, ça m'immobilise les traits du visages sur Grimace Tuméfiée pendant deux semaines...

Bref. Il faudra qu’on se voit sous peu devant un monaco bien frappé pour parler de tout ça, veux-tu ? Mettons en commun nos expériences et pratiques, collaborons ensemble au plus salace des complots ... Et je laisserai le – forcément provisoire – mot de la fin à ... la sociologie du drageur de mon maître Alain (non pas le philosophe, l'autre bas du front) : “ni le corps ni l’œdipe ne sont des démocraties”.


Bien à toi,

T."

mercredi 7 octobre 2009

Syndrome du Titanic

Alors voilà : j'ai un problème chronique, autant vous le signaler, mes démangeaisons urticaires se sont empirées ces temps-ci, ça me gratte velu au fond de mon slip en latex rouge. Le doute m'habite, au point que j'ai décidé d'en appeler à l'aide des camarades lecteurs, dont je subodore la curiosité quant à la manifestation détaillée du symptôme.

Vous pouvez voter sur mon autre blog, en haut à droite, pour décider si je dois continuer à me gratter frénétiquement ou jeter l'éponge.

C'est pas ultra-kewl, comme démarche narcissique?

Mais Achtung.

Il me faut vous prévenir, je suis en crise, à deux doigts de commettre l'irréparable.

D'abord je menace de publier un nouveau billet, que dis-je, un roman à l'eau de rose, encore plus chiant que d'habitude - d'une longueur propre à décourager tout militant endurci -, rempli d'indignations lacrymales, de psychologie de comptoir et de bourdieuseries à gogo. Sur les relations hommes-hommes telles que j'ai tendance à les voir, c'est-à-dire musclées à souhait. Là vous commencez à vous marrer et comme vous avez raison, cela risque de nous entraîner toujours plus bas sur l'échelle du sérieux. Le titre du billet sera "L'Art de la domination". Inutile de poser la question, vous n'avez pas envie de le lire, tant ce sera une resucée parfaitement pompée sur le même billet aux accents soraliens anti-féministes à moustache et sur la vraie virilité révolutionnaire que je vous ai déjà servi jusqu'à l'écoeurement.

Mais cette fois, je vous le promets, ce sera encore plus navrant de clichés éculés. Adeptes de la déconstruction transgenre et de la lopettisation fleurs bleues qui cherchez Le Grand Amûr, et autres partisans du politiquement correct à tous les étages, vous allez adorer cet étron magnifique où je me couvrirai de ridicule. Une fois de plus.

Bon, si vous n'êtes toujours pas convaincus, comme de juste, puisque tout cela sent le déjà-vu et la répétition pathétiquement prévisible, soyez sympas. Ayez pitié. Par camaraderie. Pour les Sévices rendus à la Nation.

Donc si tu ne veux pas lire la nième jérémiade sado-maso-fétichiste de cet homofasciste tout excité de CSP, sur le ton inénarrable de "comme la discipline et le bruit de bottes c'était vachement mieux avant que le Parti soit truffé de folasses boboïdes" , sois charitable, même si c'est dégoutant et que je vais encore en mettre partout, ne fais pas la fine bouche, c'est une question de survie pour moi.

Ne m'abandonnez pas. La vie est une dure lutte, surtout pour mon blog, qui prend l'eau de toute part. Au bord du naufrage, vous dis-je.

Comme vous le savez je me suis fait spoofer bien profond par le canal CSP alternatif de réinformation, et suis devenu la risée de la bobosphère, au point de ne plus savoir sur quel pied danser. Chacun à pu le constater à mes dépens par mes numéros de contorsion grotesques autour de mon nombril, de plus en plus téléphonés.

Mes tempes bien dégagées commencent à sentir le vent de la désertion et je risque gros avec la fuite inexorable de mon lectorat, c'est tout mon univers virtuel parallèle qui se fissure plus vite que le mur de Berlin. Ma baudruche de bolcho nuovo qui se dégonfle. Mon égo qui part en vrille.
J'ai tout essayé pour inverser la tendance, brouiller les pistes et tenter de me soustraire à la caricature, ce qui n'était pas facile vu le niveau d'où je partais. D'abord, avec ma finesse de Traban Est-Allemande, la surenchère de Sévices Publics et de délires exterminateurs en tapant plus fort sur les sociaux-traîtres menchéviks et mélenchonistes, ou la fuite en avant dans le désir phallique de Goulag. Ensuite j'ai demandé à mon psy d'augmenter le dosage de mes pilules, histoire de pouvoir contrôler un peu mes pulsions en cognant sur Butch qui voulait me quitter pour un transformiste cubain depuis qu'il avait découvert que je volais les soutifs de sa soeur. Puis la culture physique, le corps tout oint d'huile d'olive, pour me faire pousser mes muscles de fafounet (de gauche, hein). Mais rien n'y a fait, au contraire, plus j'essaye de remèdes et plus mes démangeaisons augmentent.

Alors j'ai dû me résoudre à pondre des billets pseudo-intellos dans un style imbitable de journaliste raté et mon blog est devenu totalement ringard. Et à noyer mon chagrin dans des hectolitres de binouze.

Bref, faites un geste d'utilité publique pour mon blog. Tout seul je n'arriverai à passer la main, pourtant il est plus que temps. Je le sais bien au fond.

Achevez la bête, qui remue à peine la queue. Pour son bien. Et finalement, allez voter "non" au sondage sur mon autre blog, ce serait encore la meilleure preuve de solidarité et de bon sens possible pour m'aider à passer ce cap difficile.

jeudi 1 octobre 2009

Eclairage national-trotskiste

Dans un précédent billet sur l'appétit morbide du "N"PA et de ses canidés fachoïdes pour le Hara-Kiri collectif des salariés de France Telecom, nous expliquions la stratégie trotskiste pour encourager les suicides intempestifs en leur pourrissant le moral. Le but? Réclamer à corps et à cris la nationalisation de cette entreprise, en suivant l'exemple de notre idole du moment, "Alo Presidente", Bénito Chavez d'amour, dont j'ai un imposant poster qui trône dans mon salon, à côté de Léon.

Alors qu'on apprend que l'extrême gauche est dans tous ses états pour sauver ce bastion syndicaliste et gréviculteur qu'est La Poste, dont chacun connaît l'efficacité redoutable en matière d'acheminement aléatoire du courrier, d'accueil du client, d'amabilité légendaire et de queue dissuasive sous peine de crise de nerf, il est bien normal que nos campagnes d'Agitprop s'accentuent pour défendre le Sévice Public National contre le complot néo-ultralibéral européiste. Bref, en ce moment on est sur la tête de pont, Soviets participatifs et AG (ma main dans la gueule des récalcitrants) se multiplient pour allumer un maximum de pétards mouillés, et montrer nos gros bras musclés par une démonstration de force de nos intérêts corporatistes.

Nous proposons aujourd'hui à nos camarades lecteurs du CSP spoof de poursuivre ce cours de trotskisme appliqué, afin de mieux comprendre pourquoi la nationalisation est le but ultime de Notre Combat pour les Sévices Publics, dans la mesure où, par nature, notre socialisme est d'essence nationale - ce qui explique bien des choses quant à la ressemblance parfaitement symétrique entre les petites frappes au crâne rasé d'extrême gauche et les brutes aux tempes bien dégagées d'extrême droite.


Nazebols montrant leurs muscles


Nous interrogerons ensuite la signification symbolique de cette structure circulaire aux accointances idéologiques reproductives, selon une analyse mêlant linguistique post-chomskienne et catégories diplomatico-bourdieusiennes.

Mais commençons par un peu d'histoire du mouvement trotskiste en France, que les internautes ne connaissent pas forcément, afin de recontextualiser (c'est important le contexte social) dans la longue durée ce curieux social-nationalisme dont est issu le NPA, avec son folkore bucolique sans lequel il n'y aurait pas d'identité trotskiste (c'est important l'identité aussi). Voici une analyse de l'intérieur, événementielle, et il serait bon de la faire circuler, tant elle est parlante.

"Aux origines du trotskysme français

En 1929, un groupe de communistes français dont Pierre Frank et Raymond Molinier rend visite à Trotsky, exilé alors à Prinkipo, en Turquie. Le groupe trotskyste français se structure autour de la revue La Vérité et, en avril 1930, naît la Ligue Communiste de France. Le trotskysme français, jusqu’en 1934, comptera moins d’une centaine de militants.
De Juillet 1932 à Avril 1933, Pierre Frank est secrétaire de Trotsky.

En Août 1934, sur conseil de Trotsky lui-même, la Ligue adopte une stratégie de double jeu. Celle-ci consiste à faire adhérer les trotskystes au Parti Socialiste (SFIO). Au fil du temps, cette stratégie, baptisée plus tard « entrisme » va viser des organisations politiques, syndicales ou culturelles dont les membres sont susceptibles de se laisser manoeuvrer, et qui de préférence disposent de fonds. Les trotskystes y acceptent les tâches ingrates, rendent des services et s’efforcent d’y devenir indispensables. C’est la politique de l’agent double, qui repose sur l’idée que celui pénètre est influenceur mais non influençable. Un cas aujourd’hui connu permet de relativiser cette stratégie : c’est celui de Lionel Jospin, ex-taupe trotskyste.

Mais revenons aux origines du trotskysme français. En décembre 1935, Raymond Molinier crée sa propre revue, La Commune, qui lui attire de vives critiques de Trotsky. Pas de chance.
Le Parti Communiste Internationaliste (PCI) est fondé par le « groupe Molinier » en mars 1936. Celui-ci n’est cependant pas accepté comme membre de la Ligue Communiste Internationale. En Juin, il s’allie au groupe bolchevique-léniniste de Pierre Naville dans le cadre du Parti Ouvrier Internationaliste (POI). Pierre Naville a la confiance de Trotsky et celui-ci reconnait le POI comme section officielle de la Quatrième Internationale. A partir de 1939, poursuivant leur stratégie du double jeu, l'essentiel des militants du POI va rejoindre le P.S.O.P., le Parti Socialiste ouvrier et paysan. Celui-ci s’est constitué autour de Marceau Pivert, à la suite de l'exclusion de la gauche de la S.F.I.O. au Congrès de Royan en août 1938.

Pierre Boussel et le trotskysme pendant la guerre 39-45

Pierre Boussel, né le 9 juin 1920, est avant la guerre un jeune militant de la CGT. Il travaille comme postier "auxiliaire" sans interrompre ses études d'histoire. En 1938, il devient membre du PCI de Molinier. Pierre Boussel rentre au bureau fédéral des JSOP (Jeunesses du PSOP) avec deux autres moliniéristes, Roger Foirier et André Gailledrat. Le 15 février 1940, pendant la drôle de guerre, Pierre Boussel, alors soldat de deuxième classe, est arrêté avec d’autres militants se réclamant de la quatrième internationale. Le rapport de police mentionne qu’il «se réclame ouvertement du marxisme-léninisme intégral, du défaitisme révolutionnaire et de l'antimilitarisme ». Il est condamné à trois ans de prison. Dès l’invasion allemande en juin 1940, le trotskysme français ressemble à une brouettée de grenouilles. Marceau Pivert s’enfuit au Mexique, laissant le PSOP désemparé. Raymond Molinier et Pierre Frank s’enfuient en Angleterre. Molinier partira ensuite au Portugal. Puis, en 1941, il rejoindra sa nouvelle compagne en Amérique du Sud. Au Parti Ouvrier Internationaliste, Pierre Naville abandonne tout militantisme, s’en va dans le Lot-et-Garonne, et s’adonne hardiment à des études universitaires. Ironie de l’histoire, la section française de la quatrième internationale est alors récupérée par le PCI, dont Trotsky ne voulait pas. Mais le vieux révolutionnaire ne pourra pas protester. Il sera assassiné le 20 août 1940.

Pierre Boussel est libéré à la faveur de l’invasion allemande. Henri Molinier, le frère aîné de Raymond, prend les rênes du PCI. Il applique la vieille stratégie à la nouvelle situation. L’entrisme ne se fera plus dans une SFIO ou un PSOP devenus inexistants, mais dans les mouvements collaborationnistes de gauche. Molinier donne l’exemple et adhère au Rassemblement National Populaire de Marcel Déat. Il prendra même la parole au cours d’un congrès du RNP. Pierre Boussel, dont le pseudonyme a d’abord été Andrei, puis Lambert, voit ses amis les plus proches suivre leur chef. Roger Foirier, son compagnon au PCI et aux Jeunesses du PSOP, adhère tout naturellement aux Jeunesses Nationales Populaires. Sa compagne donne des cours de gymnastique aux femmes du RNP. André Gailledrat, autre proche de Pierre Boussel, adhère aussi au RNP. D’autres Trotskystes comme Maurice Déglise ou Jean Desnots les rejoindront (voir Bête immonde).

Certains camarades "entrent" plus profondément, et fréquentent les allées du pouvoir. Paul Cognet, adhérent du PCI depuis 1936, sera un des concepteurs de la Charte du Travail de René Belin, Ministre du Travail du Maréchal Pétain et un des signataires de la loi sur le statut des Juifs du 3 octobre 1940. La vulgate lambertiste assure que Pierre Boussel, dit Lambert, se serait opposé à l'orientation de Molinier.

Oeuvre de Foirier pour les JNP

Pourquoi cette adhésion du PCI, (qui prend l’appellation de CCI, Comité Communiste internationaliste, à partir de 1943) à la Collaboration ? Molinier est persuadé que le pacte germano-soviétique ouvre une nouvelle voie au socialisme révolutionnaire. Il ne « voit de solution que dans les organisations fascistes et staliniennes qui naîtront du triomphe du pacte germano-soviétique ».Ils n'étaient pas staliniens ; il leur restait donc à devenir fascistes.
Le PCI développe l'idée du défaitisme révolutionnaire. « Derrière un soldat nazi se cache un travailleur allemand ! ». Il refuse par avance toute participation aux mouvements de résistance, taxés de nationaliste. Pour lui, « une insurrection de la ‘France’ contre l’oppresseur allemand ne peut être aujourd’hui qu’une insurrection de la classe réactionnaire. » (La Seule Voie N° 4, août 1942). Les journaux trotskystes comme La Vérité ou L’Étincelle attaquent violemment les Anglo-saxons et la France Libre. Jusqu’en 1944, De Gaulle est qualifié, comme dans toute la presse collaborationniste, d'agent de la City et de l'impérialisme britannique. Après le débarquement allié de Normandie, l’arrivée des alliés est saluée par un éditorial de La Vérité resté célèbre : « Ils se valent ». Dans ce numéro (22 juin 1944), le message est clairement anti-résistant : Refuse de te faire mobiliser dans "l'armée de la libération". Le POI adopte une position assez proche. Il édite des tracts et des journaux en allemand, comme Arbeiter und Soldat. L’objectif est de recruter les soldats « internationalistes » de la Werhmacht. Inutile de s’étendre sur cette stratégie de séduction ...

Du POI émerge un nouveau groupe, le Mouvement National Révolutionnaire. Le leader du MNR, Jean Rous, est un des dirigeants du POI. On y trouve aussi Lucien Weitz, qui fut le principal animateur de la gauche révolutionnaire au sein de la SFIO socialiste, puis de l’aile gauche du PSOP, ou encore Fred Zeller, ancien proche de Trotsky et membre de la SFIO, futur grand-maître du Grand Orient de France. Le Mouvement édite deux journaux clandestins : la Révolution Française, puis Combat national-révolutionnaire. Dans le n°1 de La Révolution Française (septembre-octobre 1940), le MNR se dit «ni pro-Allemand, ni pro-Anglais, ni pro-Français». Le langage employé révèle à l’évidence la proximité des thèses nazies : «L’État et la nation doivent se défendre (...) contre les tentatives de domination occulte, qu’elles proviennent du judaïsme, de la maçonnerie ou du jésuitisme». Le n°1 de mars 1941 de Combat national-révolutionnaire précise que le MNR «souhaite un État fort, hiérarchisé, où la régulation entre les divers éléments de la population soit établie par des corporations». On retrouve les trois piliers du fascisme, l'État fort, l'obéissance hiérarchique et le corporatisme. Le MNR est démantelé en juin 1941. Jean Rous est condamné à six mois de prison, ce qui est pour l’époque une peine symbolique et un geste de connivence de la part des autorités d’occupation. En Belgique, le principal leader trotskyste, Walter Dauge, opte lui aussi pour la Collaboration. En 1943, Pierre Boussel est exclu du PCI. La vulgate lambertiste assure qu’il passe alors au Parti Ouvrier Internationaliste (POI), ce qui n'est pas plus glorieux.

Boussel-Lambert et le trotskysme d’après-guerre

A la libération, du fait de son comportement durant la guerre, Lambert est exclu de la CGT comme « hitléro-trotskyste ». Ce terme, qui fleurira surtout dans la presse communiste, semble être un oxymore. Mais, nous l'avons vu, il ne manque pas de pertinence ; il s'appuie sur une réalité indiscutable. Lambert rejoint Force Ouvrière où il occupera des responsabilités à la Sécurité Sociale. En janvier 1944, les groupes trotskystes (sauf le groupuscule de Barta, ancêtre de Lutte Ouvrière) s'unifient dans le Parti communiste internationaliste (PCI), section française de la Quatrième Internationale. L’organe officiel en est La Vérité. En 1953, la majorité du PCI dirigée par Marcel Bleibtreu, Michel Lequenne et Pierre Lambert refuse les thèses du secrétaire de la IVe internationale, Michel Pablo. Le PCI scissionne. Pierre Lambert deviendra le principal dirigeant du groupe majoritaire qui changera plusieurs fois de noms : OCI, AJS, MPPT, Parti des Travailleurs. Les « pablistes » s’organiseront de leur côté. Ils créeront ce qui s’est appelé la Ligue Communiste Révolutionnaire, qui est à l'origine du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste). "

Clair. Net. Explicatif, concis, pédagogique, et digne. Rien à rajouter.

mercredi 30 septembre 2009

Le grand con avec un drapeau rouge



Ébouriffante illustration du blogueur gauchiste de référence fachoïde trotskyte à la française qui ne sait plus où donner du groin pour tenter frénétiquement de se faire mousser, tare intellectuelle ambulante dont le demi-cerveau n'en finit plus de clapoter contre ses parois crâniennes en produisant des floc-floc de liquide cépahalo-rachidien anémié à force de probables tares congénitales - qui font soupçonner un lourd héritage consanguin dans sa famille -, créature au physique aussi gras et gluant que la purée froide idéologique qui s'échappe malencontreusement d'une bouche qu'on rêverait de coudre avec un fil de pêche et une très grosse aiguille, nazillon hystérique dans la gauche lignée des Ernst Röhm et autres "socialistes" nationalistes crapoteux, tous incapables de penser une opposition autrement que physiquement mais qui rêvent de devenir journaliste ou chroniqueur adulé pour emballer de la poulette alors que le manque de sexe se fait cruellement sentir - puisque le redskin est fondamentalement gay, c'est dans sa nature profonde -, encore plus ridicule de populisme achevé que toute la rédaction des étrons gauchistes mécaniques comme "Rien N'est A Garder" ou même Siné Hebdo dans ses meilleures pages (ne cherchez pas, y'en a pas), tout aussi demeuré et baveux qu'un Alain Krivine - même si ce dernier est atteint de rares pathologies mentales qui devraient charitablement lui valoir de massives injections de neuroleptiques directement dans la jugulaire, avant que de le jeter dans une jolie cellule dont il pourra bouffer les murs en hululant que les néolibéraux lui grouillent sous la peau -, parfait produit de la pensée marxiste qui passe sont temps à verser toutes les larmes de son gros corps mou sur l'immobilisme à la française et la nécessité d'une révolution qui ne vient pas, d'une communication qui ferait appel au cœur autant qu'à la raison et avec les poings ou deux kilomètres de bourdieuseries mal digérées et trop vite vomies, Thierry est Le Blogueur Le Plus Ridicule De La Bobosphère et n'a t-on pas tout dit en le qualifiant ainsi ?

Élevé au lait tourné du trotskysme le plus poussérieux, Thierry M veut voir du collectif partout. Bien, le groupisme. Mal, le zindividu. Et comme tout de même le collectivisme c'est un peu, un tout petit peu, risible - vu que c'est totalement et rédhibitoirement du passé - il trépigne ici, bille en tête (c'est la seule chose qui y traîne) que tout doit être fait pour que les patrons (méchants) payent très cher, de leur vie s'il le faut, et les ouvriers (gentils) récoltent, dans ce manichéisme un peu touchant d'enfant jamais totalement sorti de l'adolescence et qui manquerait de quelques petites tartes affectueuse, il hurle là que l'état (forcément gentil) doit subvenir à tout, du téton au sapin, et qu'enfin soit reconnu un droit de cuissage pour lui puisque, rappelons-le, ses nombreuses pollutions matinales commencent à revenir cher en lessive.

Car le Thierry n'en finit jamais de vomir à longs jets sur ce qu'il est infoutu de comprendre, et, en bon parasite inapte à vivre sans les béquille étatiques, réclamer à ce système pour lui totalement hermétique des thunes à gros bouillon, bien incapable qu'il est de se démerder tout seul dans le monde normal où les gens ont de vrais jobs à produire quelque chose d'utile (et je ne parle pas d'un blog, hein).

Le communiste, coincé dans un XIXème siècle balzacien d'opérette, a aussi une mémoire très sélective qui lui fait oublier que sa situation - de loser impénitent aux horizons indépassables de plats froids et constipants, et de monacos mal digérés sur des terrasses venteuses de troquets minables - est directement dûe à ses efforts continuels, ainsi qu'à ceux de sa clique boueuse et fripée, à réclamer toujours plus de l'intervention de cet état et de ce système dont ils sont pourtant d'ardents critiques en parfaits hypocrites qu'ils sont.

Non, cela, le troskyste n'en parlera jamais, pas plus qu'il ne mettra en exergue que l'une des raisons majeures de s'infiltrer partout dans le public est une question idéologique : fourrer de la merde dans les têtes des gamins qui ne sont pas encore assez détruits par la propagande des altermondialeux, des gogos écolos qui vendent du vélo du haut de leurs hélicos, des communistes attardés, du facteur collectiviste dont la stratégie politique fait hurler de rire depuis Machiavel jusqu'à Bayrou (c'est dire !) , progressistes champibullés à la Jack Lang ou Fred Mitterrand toujours prêts à aider un violeur de gamines, et autres improbables vieilles merdes syndicales que la France produit par palettes entières.

Si on était un peu méchant, on en rêverait presque de voir Thierry M pendu par les pieds avec son slip kangourou pendant que des écoliers hilares lui jetteraient des cailloux pointus au visage sous l'oeil attendri de leur maîtresse. Mais heureusement, on est dans le camp du Bien, et c'est nous les plus Gentils. On se contentera donc de prendre Thierry M pour ce qu'il est : un grand con qui produit du rouge à l'extérieur. Même si ça, c'est déjà beaucoup, beaucoup trop.

mardi 29 septembre 2009

Chiens chiants



Il aura donc fallu attendre un 24è suicidé à France Télécom pour sabrer le jéroboam de Kro chez les trotskistes thanatocrates, pour se décider enfin à ruer dans les brancards, admettre qu'il y a moyen d'en tirer profit en faisant monter la pression - et en pression, ils s'y connaissent, monaco compris. Exploiter politiquement l'affaire en criant au salaricide capitaliste. Une aubaine, vous dis-je, que cette série noire. Il n'y a pas de raison que seuls les journaleux charognards se gavent, nous aussi on veut en croquer. D'ailleurs ça tombe à pic, la mort nous va si bien.

On peut supposer qu'il faudra encore encourager les cadres dans leurs pulsions suicidaires pour commencer d'envisager une nouvelle campagne d'indignation et de dénonciation. Et là encore ça tombe bien, puisqu'au "N"PA nous sommes des champions de l'indignation, mais surtout de la dénonciation. A ce titre, inutile de vous dire, camarades lecteurs, de quel côté nous étions sous l'occupation.

On peut se demander aussi avec une gourmandise de hyène affamée à partir de combien de décès on pourra pousser un Haro de clameur et commencer à exiger la collectivisation comme Solution Finale aux problèmes d'une entreprise pourtant parapublique et fonctionnarisée.
Ce dont on peut être en revanche certain, c'est qu'on commence déjà à entendre nos glapissements satisfaits de chacaux ... heu ... chacals enragés en faisant claquer nos mâchoires carrées pour défendre coûte que coûte la nazionalisation de France Telecom. Notre cher modèle économique kolkhozien, qui jamais ô grand jamais, ne saurait quant à lui être une seule seconde remis en question, puisque c'est quand-même la base de notre core business : la nationalisation des moyens de production.

Nationalisons! Le nationalisme, c'est mal... sauf quand c'est notre Besancenouille d'amour qui l'applique.

La nationalisation contre le mondialisme apatride et cosmopolito-libéral, c'est le pied !

National notre socialisme ?
Oui, mais c'est pour la bonne cause.
En rouge et noir, parce qu'on le vaut bien.

Et même si l'arsenal de sévices collectivistes n'a jamais produit autre chose que des pénuries et des queues interminables devant les magasins, l'important est de continuer à tourner autour de nos vieilles lunes comme un satellite Soyouz en trajectoire inertielle. Cette obsession s'appelle Le Trotskisme et les gens qui raisonnent ainsi en dépit de la cohorte de victimes de ce système ne peuvent décemment être comptées au rang d'être humains normalement constitués. D'ailleurs c'est pour ça qu'on se laisse pousser les muscles, afin de ressembler à des sursinges remontant le cours de l'évolution.

Plusieurs options s'offrent à nous pour faire un maximum de bruit et flatter les bas instincts des masses en jouant sur les peurs. D'abord nous pouvons, chiffres à l'appui, prétendre que le taux de suicides à FT est anormalement élevé et que c'est la faute au complot ultranéo-libéral, en reprenant la rhétorique de Ich Bin Partout. Ce, alors qu'il est dans la moyenne du taux ordinaire des fonctionnaires et comme on les comprend, d'une certaine façon, c'est pas facile tous les jours d'être un rouage de la machine bureaucratique. Mais l'important est de s'agiter en réclamant vengeance et en désignant un coupable, l'ennemi de classe, ça va de soi.

Faire du scandale.

Un bon chacal doit savoir faire feu de tous bois, et ne reculer devant aucun scrupule pour attirer quelques nouveaux illuminés dans la Secte des Riants Lendemains qui Chantent, normalement étudiants gréviculteurs engagés et totalement formatés cela va de soi. Nous prendrons donc n'importe quels chiffres trouvés dans une source amicale comme le Monde Diplo, pour les tordre en composant une musique triste propice à encourager les cadres à se jeter par les fenêtres. Chantons ensemble, tous ensemble : "Qui ne saute pas n'est pas fonctionnaire-naire!"

C'est ici qu'intervient notre savoir-faire en sociologie de bazar & théories fumeuses, le refrain bourdieucompressé pitoyable sur l'aliénation digne des comédies mélodramatiques les plus larmoyantes, qui sont le nerf de notre propagande. Certes mais me direz vous, cela montre aussi notre hypocrisie totale et un cynisme d'acier, puisque nous devrions nous réjouir de l'auto-suppression de cadres bourgeois si nous étions dotés une once de cohérence. En "oubliant" au passage que l'augmentation des cadences résulte largement de l'application forcenée des 35H par la grande prêtresse de la Planification du Temps de Travail, réforme socialiste s'il en est, qui faisait d'ailleurs partie du programme de l'ex-URSS. C'est vrai, mais comme nos adeptes ont déjà la cervelle ramollie par une culturation festive, on peut émettre un doute raisonnable sur leur capacité à s'arrêter sur ce genre de considération. Nous "oublierons" aussi que comparer des taux de suicides nationaux avec ceux d'une entreprise n'est rien moins qu'une tentative éhontée de désinformation. Préférons plutôt le terme de manipulation, plus conforme à notre culture entriste des coups tordus.

En tant que militants fanatisés, il est impératif de renoncer à toute forme d'honnêteté intellectuelle, encore que de toute façon nous n'en soyons pas pourvus naturellement. C'est une condition indispensable si l'on veut parvenir à grossir nos troupes de Sans-culottes, comme on s'appelle entre nous, non sans un frisson d'excitation humide (Butch, ce soir, tu es bon pour un dressage vigoureux). Il faut que l'idéologie du kolkhoze tienne debout à tout prix, c'est une question de survie (du mouvement).
La seconde option sera de faire la fine bouche en suggérant que se jeter en l'air est un acte de protestation politique et que cela ne peut pas se réduire à un genre de mode iconoclaste, n'est-ce pas.

Le chacal trotskiste enragé n'aime pas la réalité, qu'il passe son temps à dissoudre benoîtement par ses litanies et psaumes appris dans la chaleur partisane d'un entre-soi hermétique à tout bon sens. Ignorer l'expérience, réviser, nier, trépigner, s'auto-hypnotiser avec des slogans creux, relève d'un habitus solidement ancré dans la culture du Parti, puisqu'Un Autre Monde Plus Chiant est possible. Un monde où l'on empêcherait les salariés de se suicider en planifiant leur existence, un monde où les gens ne regarderaient plus la télé mais où la télé les surveillerait.

Alors même qu'il est manifeste que l'ambiance dégueulasse qui règne à FT vient de ce que cette entreprise est administrée sous la tutelle de technocrates et qu'elle jouit de menus privilèges monopolistiques lui permettant d'exercer une concurrence déloyale dans le secteur, il est essentiel de jouer un rôle de composition misérabiliste sur le capitalisme sauvage, qui donne encore davantage envie aux salariés de se suicider, en leur suggérant plus d'idées noires et en les démoralisant au maximum. Puisqu'il en va de notre intérêt bien compris à la pêche aux gogos sur le marché électoral.

Il nous faut plus de morts, donc plus d'incitations pousse-au-crime. Si le slogan libéral est "enrichissez-vous", le notre serait plutôt "suicidez-vous". Et comment ne pas développer de tendances suicidaires en adhérant à une idéologie aussi vindicative que la notre ?
D'ailleurs, c'est effrayant le nombre de communistes qui ont mis fin à leurs jours par dépit, comme l'intellectuel trotskiste Boris Fraenkel, l'homme qui a révélé le passé trotskiste de Lionel Jospin. Sans parler de ceux qui comme l'étrangleur Althusser, ont sombré dans la pulsion de mort et succombé à la folie furieuse à force de lire Marx. Ou des gauchistes radicaux qui sont passés du maoïsme à la clandestinité et de la clandestinité au terrorisme, avant de devenir des icônes de la LCR, répétant un parcours militant aussi tragique que balisé.

Un bon chacal doit aussi chercher à créer une diversion en utilisant grossièrement les campagnes de presse morbides faisant leurs choux gras de ces faits divers, en amalgamant émotion avec interprétations doctrinaires dans un mélange indigeste. Ce genre de mise en scène permet de contribuer à alourdir le climat mortifère en y ajoutant une dose de fatalisme sortie d'un nanar d'épouvante à grand renfort de malédictions obscures. Notre concerto pour pleureuses se fait alors requiem, violons et pipeaux entrent en action, les crécelles battent la mesure, et les petits chefs, Besancenot en tête de gondole, montent alors au créneau dans les médias pour rajouter une couche d'indignation hypocrite, l'œil rivé sur le trouillomètre, en ânonnant des anathèmes calibrés pour faire sangloter dans les chaumières.

Par la montée en puissance graduelle de la haine et du ressentiment, nous pourrons alors capitaliser la récupération politique de ces morts en soi anecdotiques, en s'indignant en chœur avec nos camarades frondegaucheux et Mélenchon, en entonnant un de ces canons pathétiques et vibrants de sentimentalisme baveux, puisque par calcul, il faudra bien qu'ils se rallient au "N"PA, à nos conditions bien sûr, ce qui implique que l'on gagne en audience en hurlant plus fort qu'eux des accusations publiques grotesques et en appelant à la convergence d'un front des faux-culs unis dans la pureté gauchiste.

Enfin il y aura ceux qui comme moi, guerrier de clavier au petit pied s'inventant de multiples personnalités du fin fond de sa cité lugubre et ruminant des idées de revanche contre la société pour m'avoir fait si laid et si dégarni, pesteront contre ce monde vraiment trozinjuste et trop méchant, et comme c'était mieux avant, du temps de Papounet et de la mère patrie soviétique.

La hyène peut aussi se faire caniche larmoyant à ses heures perdues, entre deux séances d'épilation. Et pervers, n'ayant guère le courage d'affronter le monde tel qu'il est, préférant vivre dans d'utopiques illusions décrépies, rêves révolutionnaires éthérés où les coupables seraient punis. De ceux qui finiront par sublimer leur condition de raté masochiste et dénonceront les autres qui n'ont pas la même mentalité d'esclave servile du Parti, de toutou aux ordres du facteur, ne pouvant vivre sans fouets ni menottes, parce qu'ils sont incapables de s'assumer en tant que zindividu. Pour passer cette aigreur, il me faut croire à des fables risibles, comme par exemple imaginer être un écrivain maudit, un journaliste incompris, un théoricien de la rébellion, un artiste indispensable de la culture gauchiste, un phare pour les masses aliénées, et bien d'autres auto-fictions encore. Tout aigri et jaloux, je me rends bien compte que ma vie est merdique et que j'habite dans une cité pourrie entouré de racailles dépolitisées qui se moquent de moi lorsque je passe à vélo. Alors comprends-moi camarade lecteur, il faut bien que je tourne cette frustration vers quelque chose, n'importe quoi, pourvu que ça me donne l'impression d'exister, c'est pourquoi je fais le pitbull au service d'ordre des manifs et aussi, j'ai renouvelé mon abonnement à "Tout Est à Jeter"...

samedi 26 septembre 2009

La route de la servitude


Je ne remercierai jamais assez cette amibe qui m'a fait découvrir ce prodigieux et terrible livre. L'odyssée d'une idéologie dans une Russie apocalyptique, provoquant sans repos un océan de désolation et tentant de survivre sur une terre dont les derniers communistes en sont réduits à la tribalisation et au cannibalisme pour subsister. Jamais je n'ai lu, ni vu sur un écran, une description à ce point criante de vérité d'une philosophie politique à l'agonie , totalement retournée à la barbarie la plus primitive, qui ne produit plus rien excepté des bandes anarchiques livrées à elle-mêmes qui ne font de prisonniers que pour leur servir de nourriture...

On ne nous explique très bien ce qui s'est passé, et qu'en définitive, le collectivisme est en train de mourir. On ne connait que trop bien les noms des pères de cette vomissure intellectuelle qui auront éternellement rendu gris l'existence de tant de millions d'êtres humains : hantés par la peur et la faim, ils poussaient parfois des caddies de supermarché désespérement vides, dans des bâtiments au design résolument soviétique, en quête de conserves parfois périmées. Dans ce monde totalitaire, jamais de repos, jamais de halte, ils évitent à tout prix leurs tortionnaires pour lesquels ils ne représentent que de la main-d'oeuvre gratuite. Et on comprend au fur et mesure de ces pages d'une écriture sobre jusqu'à l'austérité qu'ils sont davantage que des survivants, qu'ils sont les derniers êtres "humains" à part entière, que le lien d'amour et de filiation qui existe entre eux est la seule lueur encore vivante dans cette absolue noirceur.

"Le livre noir du communisme" n'est pas, malheureusement, un roman de science-fiction post-apo de plus, c'est le bouleversant récit de cette idéologie qui aura abouti à ces millions de morts pour rien.

Il y aura peut-être une adaptation documentaire télévisuelle qui sortira un jour. Compte-tenu du biais communiste des zartistes français, je crains que seul Hollywood puisse se permettre de se lancer dans un tel projet pour en rendre toute la substance ; quoi qu'il en soit, j'irai quand même le voir. Et je sais également que c'est un livre que je relirai.

vendredi 25 septembre 2009

Trostkiste

...on ne me respecte plus, et à la lecture de mon blog de militangnangnan, on ne se demande même pas pourquoi. Depuis des mois, la seule chose qui m'agite est de savoir comment je vais arriver à faire passer mes petits messages crapoteux sur Le Collectivisme Festif Qui Rend Heureux (ou Mort), et tout le reste m'est parfaitement indifférent. Mais si il n'y avait que cela...

Il paraîtrait que je suis de gauche, et pas facho pour un rond de carotte. Ce qui fait rire tout le monde, personne n'y croit sérieusement et sans doute même pas moi. En tout cas, c'est ce que je n'hésite jamais à hurler à la face du monde, sans doute histoire de me donner une occasion supplémentaire de m'enfiler un tube complet de ventoline à peu de frais. Je peux pas crier très longtemps. Depuis que je fais de la muscu, ça me fait ça.

C'est peut-être les twix aussi.

Sauf que quand je me dis "de gauche pas fachiste", il y a deux ou trois choses que je devrais faire, et aussi deux ou trois chose que je ne devrai jamais faire.

Comme me la jouer petit Rottenführer , par exemple ici :

Un trader, ce que ça fait, c'est inutile.
Un trader est inutile. Et nuisible. Un trader est un parasite qui vit sur le dos de ceux qui travaillent vraiment en faisant mumuse avec des sommes astronomiques dans le paramonde de la finance mondialisée, sans certainement penser un seul instant qu'une toute partie de ce pognon pourrait être utilisée à faire autre chose que de la spéculation, comme par exemple augmenter des infirmières, ou en recruter d'autres pour alléger leur charge de travail, bref : en faire quelque chose d'utile, et pas servir à payer des sous-êtres en chemise rayée qui passent leur journée le cul devant un ordinateur.

Le mot "juif" n'a pas été prononcé, tout va bien.

Il n'en reste pas moins que c'est parfaitement et absolument nauséabond et lamentable, l'argumentaire communiste pour se défausser. Que c'est bassement honteux de voir un blogueur comme moi continuer à répandre ma petite bile haineuse en me cachant derrière des classes aussi fumeuses qu'irréelles pour camoufler mon aversion de l'autre, du plus riche au plus doué. Et comme il y en a beaucoup, des plus doués et des plus riches (ou moins pauvres) que moi, j'en ai en stock, de l'aversion et de la bile... Que c'est pénible, enfin, de voir quelqu'un qui à coup sûr s'est fait connaître sous une étiquette "de gauche" n'avoir pas la moindre lucidité sur mes "penchants" totalitaires à côtés desquels la tour de Pise serait un étalon d'angle droit.

Mais c'est vrai : je suis un trostkiste.

Ce n'est qu'un cas local ? Je ne suis pas représentatif ? Allons donc... Plus personne dans ce parti, à l'exception de quelques dirigeants - dont le train de vie n'est pas misérable, loin s'en faut - ne sait pourquoi il est là. Plus de convictions, plus d'action un peu forte, plus rien. Et plus rien à attendre non plus. Comment attendre ou espérer la moindre once de crédibilité quand on voit des comportements pareils ? Y a-t-il menaces physiques ? Oui. Mon petit côté nazillon s'est-il exhibé en vrai au moins une seule fois ? Bien sûr. Il n'y a qu'à relire mes billets, sur l'autre blog, et environ une fois par mois, je sombre dans le petit appel au meurtre des familles. Poussée d'hormones ? Twix mal digéré ? À ce stade, je ne fais même plus pitié, je laisse indifférent dans l'automatisme huilé de mes apoplexies sanguinaires.

Troskiste, vous allez perdre en 2010, en 2012, en 2017 et encore après et ce sera encore entièrement de ma faute.

dimanche 20 septembre 2009

Demande d'éclaircissements

Il m'arrive, parfois, d'avoir des instants de lucidité. Quand j'écris sur ce blog, par exemple. Quand, à la suite d'une rupture d'approvisionnement en 8.6 ou en Valstar (la bière des stars), j'émerge de mes cauchemars éthyliques.

Ou quand je prend conscience qu'on m'entube généreusement avec des messages dignes d'une secte raëlienne ou pire, désirdaveniresque. Par exemple, j'ai lu un article de Serge Latouche sur Politis. Non pas que ce soit le genre de site et de lectures que j'affectionne, même si l'orientation si grossièrement gauchiste ravit l'être un peu simplet qui vit en moi. Mais il y a trop de petits caractères à déchiffrer, et peu d'images.

Bref. Serge Latouche est un des gourous de cette fumeuse "décroissance" dont on peine tout de même à cerner les contours. Jusque là, ça m'en touche une sans bouger l'autre, comme disais le communiste Chi avant pratique reconversion.

Et dans son article, le Serge nous bassine avec la constatation suivante : avec 600 euros, t'as plus rien, certes, mais c'est mieux que la plupart des pauvres qui vivent dans le monde.

Autrement dit, Serge utilise exactement les mêmes procédés que mes camarades du "N"PA avec les ouvriers face aux patrons, exactement les mêmes démarches intellectuelles que mes amis communistes, trotskistes et staliniens en diable quand ils tentent de culpabiliser les uns et les autres pour récupérer la tambouille ainsi formée.

En somme, j'arrive à la constatation dans mon étron du jour, que Serge, il est un peu casse-couille avec sa décroissance de merde.

Parce que, bon, je ne sais pas ce qu'il en est de mes chèrEs lecteurs et trices, mais même si je vis dans des conditions risibles pour un Français très très moyen, et que ça n'est pas prêt de s'améliorer vu mes performances en recherche d'emploi, et même si je touche un peu plus de de 600 € par mois, il m'arrive régulièrement d'éprouver de grosses difficultés à la fin du mois, surtout que le Parti me demande de plus en plus de ronds pour continuer à prétendre y être inscrit.

Bref, après quelques paragraphes à dégoiser des évidences et des fautes de frappe et d'orthographe que même un bête correcteur orthographique permet d'éviter sans sueur, je me dis que ce Serge, tout de même, c'est un gros fumiste en plein trip. En substance.

Mais je m'arrête là. Encore une fois, la fusée est sur le pas de tir, le compte à rebours est terminé, les moteurs s'allument, l'astronaute appuie sur des petits boutons qui clignotent et... rien ne se passe : la fusée reste au dock et mon raisonnement s'arrête là. Net.

Non, le raisonnement qui tient parfaitement pour cet abruti nihiliste de Latouche, je ne peux pas, je ne veux pas le tenir pour n'importe quelle méthode poisseuse de culpabilisation qu'utilisent les syndicats crypto-communistes et les militant pseudo-révolutionnaires des partis et groupuscules futiles que je fréquente.

Parce que faut pas pousser : j'ai très bien compris tout ça et du coup, ça devient fortement déplaisant... On se demande même sur quelle planète je vis, tiens...

mardi 1 septembre 2009

Rassérénant

On n'avait plus de nouvelles de mon autre moi, le blogueur communiste tendance trotskystérique du NaSionalD Antikapitalistische Partei ("N"PAAAAAaargh !), depuis mon billet d'hier où j'avouais publiquement me pignoler fort devant des androgynes sur YouTube.

On me retrouve aujourd'hui dans un "article" où je continue d'hululer les joies austères du Joli Communisme Qui Rend Heureux dans ce style inimitable qui est le mien, ce savant mélange d'illettrisme décomplexé et d'incohérence verbale qui a toujours jeté une ombre sur l'intelligence de CSP, tous les jours parti en exploration des QI à chiffre unique, notamment quand je démoule tout content de moi d'énormes cacas du genre :

"Dans le monde réel, la droite est au pouvoir"

(Rappelons ici que dans le vrai monde réel, la "droite" sarkozyste qui veut "refonder" et "moraliser" le capitalisme à grand coup de collectivisme et d'interventions étatiques musclées est au pouvoir et la gauche frelatée ne se pose même plus la question de savoir si oui ou non bordel de merde y aurait pas autre chose à faire que de renier toutes les libertés individuelles qu'elle prétend défendre).

On constate donc, dans cet étonnant billet, que je dispose de la même vision du monde que les distrayants cas sociaux des Jeunes Populaires de l'UMP, lesquels s'ils sont parfois très amusants à voir et à entendre ne font pas très sérieux, quand même. À ceci près toutefois que je franchis régulièrement les lignes jaunes et baveuses de l'anencéphalie, ce qui autorise à me considérer pour ce qu'il est : un bivalve.

Et votre bulot d'entreprendre aujourd'hui un chantier à la hauteur de ma pathologie : à moi tout seul, je me fait fort d'enterrer le vilain Kapitalismus. Tout seul comme un grand. Agadez :

"Converti au libéralisme depuis plus de 20 ans, [le Parti socialiste] est en train d'en crever - bien fait pour sa gueule - et n'a point ce me semble manifesté de velléités bolchéviques ces dernières années."

Dans cette phrase, on sent qu'il y a un problème : pourrait-on avoir l'aimable charité de nous dire où quand et comment le PS à partir de 1995 s'est converti au libéralisme ? Même sur un malentendu, ce qui est vite arrivé quand, comme tout bon bulot, on mobilise la quasi-totalité de son énergie à s'accrocher à son rocher, on se doit de remarquer qu s'est plutôt attelé à consolider l'État collectiviste dans la bonne humeur quand il était aux affaires, et en laissant faire quand il n'y était pas en serrant les dents. Et cela ne fait pas tout à fait partie du libéralisme, jusqu'à preuve du contraire.

Mais la suite est encore plus savoureuse :

"il est bien évident dans notre optique que les banquiers ne seront pas "renfloués"

Encore cette antienne des banquiers payés par le sauvetage des banques, et pas des petits épargnants dont l'État a garanti les comptes en injectant des liquidités...

Bref : au contraire de celles de "droite" qui seraient selon moi aux affaires, les idées de l'esstrèmegôche, c'est super, génial, cool, Heil ! oups pardon, et me voilà à pousser un graaaaaand soupir de soulagement, car pfouu, on a frôlé la catastrophe, dis...

Et qu'en dire ? Comment réagir face à diatribe aussi définitive ?

Un gros baillement.

Et un petit prout, aussi. Les exercices avec Butch d'hier soir, sans doute...

Depuis des années, pour ne pas dire des décennies, éditorialistes, chroniqueurs, économistes, polito-sociologues, et maintenant certains blogueurs scrutent à la loupe le moindre petit fait, le moindre petite indice, la moindre virgulette qui pourrait faire dire qu'éventuellement il y aurait la possibilité de début de commencement de l'esquisse d'une possible Révolussion - et encore faut voir - de la vilaine esstrêmegôche.

Et même quand ils ne trouvent rien, de systématiquement faire la danse de la pluie en prédisant son inéluctable avènement.

Mais il n'y a pas besoin de Révolussion. Leurs idées rances finissent par être appliquées.

De ce point de vue, mon "article" n'est donc, encooooooooooore une fois, qu'un des fantasmes de la Révolussion Communiste perpétuellement réactualisé, et on l'aura oublié à peine fini l'article.

Car il s'agit de mon autre moi. CSP. Le grand dadet qui bouge de la fonte en frémissant du sexe à l'idée qu'une décadante de gauche au corps enduit d'huile se jette sur mon estomac sculpté à la 8.6...

Oui, c'est moi.

Qui à l'instar d'un Besancenot, Que Son Nom Soit Sanctifié, possède une spécificité intéressante :
Je me plante toujours.

Sur tout.

On peut d'ailleurs à ce sujet m'accorder une certaine constance dans l'erreur. Pareil au bousier qui, devant l'obstacle, ne sait pas, ne comprends pas comment faire, je passe ma journée, accroché à mon roc, et je lance, parfois, un petit mycélium baveux pour m'accrocher encore un peu plus.

Dans votre browser, vous pouvez donc fermer l'onglet de CSP l'esprit serein : tant que des Thierry affirmeront l'œil vitreux et la bave aux lèvres qu'ils vont faire la Révolussion, on peut considérer que tout va bien.

Et reprendre deux fois de la saucisse.

mardi 25 août 2009

Inaptitude

Si j'avais du courage, voire ... de l'audace, voici le mail que j'enverrais à la rédaction du quotidien Le Monde :

"Madame, Mademoiselle, Monsieur,

C'est avec une légère érection doublée d'une constipation assez entêtante que j'ai lu le captivant article de votre consœur Elise Barthet, "Ma vie sans Internet", tentative particulièrement audacieuse pour ne pas dire téméraire de se passer du Ouèb une semaine durant. En cent mots comme en dix et pour faire ampoulé, ce témoignage Proprement poignant m'a Proprement bouleversifié ; le choix de cette jeune femme, à des fins d'expérimentation sociale et personnelle, de se couper d'Internet pendant une semaine entière est Proprement époustouflant de... les adjectifs me manquent alors je vais dire audace mêlée d'un courage Proprement insensé. Proprement. Et encore, j'en ai proprement sous le pied.

Si vous pouviez encore émettre quelques doutes, à présent vous n'en avez plus : faire de la prose, ce n'est pas simple et vous pouvez donc me pardonner les multiples répétitions dans ce pensum non relu. Pour en revenir à Elise Barthet, je dois vous dire qu'elle me fait des frissons. Ce n’est plus de l’amour, c’est du bombardement tactique. J'aimerais la pilonner pendant vingt minutes d’horloge comme si je voulais lui faire payer quelque chose, comme si je voulais la punir de quelque chose que même moi j’ignore… Ou peut-être quelque chose comme un article sans intérêt que j'ai monté en exergue histoire d'alimenter un blog qui s'essouffle.

Et certes, ce ne fut assurément pas facile. CSP a souffert. Dans sa chair. Dans son âme. CSP, c'est moi. Et quand je parle de moi à la troisième personne, ça me rend turgescent. Prenez par exemple ceci :

"Je suis capable d'empathie, il m'arrive même de presque ressentir des émotions quasi-humaines, c'est dire. Cette dictature du sentiment et de l'émotion à tout prix est assommante, à la fin. Ceci dit, je suis peut-être un robot, aussi, admettons."

C'est simple : j'ai failli fondre en larmes. Un tel moment de lucidité, moi, grosse brute épaisse aux doigts trop larges pour mon petit clavier et qui doit relire douze fois mes pénibles saillies pour en retirer (sans jamais y parvenir tout à fait) les multiples coquilles, je découvre qu'un MONDE existe en dehors de mon blog, du "N"PA, de la dure lutte finale, et l'abîme aussi regarde en moi. Et rigole.

Subissant les mesquineries cruelles de mes collègues, tourmenté par des chefs d'un cynisme qui glace le sang, désorienté par la perte de mes repères, je ne me laisse pas abattre : je dois écrire mes articles. Je le dois. Il le faut. C'est mon devoir. Et là, dans un geste à la fois sublime et quasi-suicidaire, je me me jette (avec la répétition, c'est encore plus violent) dans l'irréparable : je décide, viril soudard de la cinquième colonne, d'aller acheter ma cargaison hebdomadaire de Marianne, Les Inrockuptibles, et le cru du jour de Figaro. Pas parce que je suis de droite. Non. Pour documenter mon blog.

À ce moment, il a fallu que l'interrompe (parce que je vous dis que j'ai des gros doigts) mon écriture pour aller au Casino du coin de ma rue me réapprovisionner en Kleenex. Tous ces hoquets me faisaient riper sur les touches humides de mon clavier.

Bucolique, n'est-ce pas ?

La description, dantesque, de mes activités (oui, vous avez bien lu : mes activités ! Mais dans quelle démarche folle me suis-je donc risqué ?) achève le lecteur par la découverte d'une réalité qu'il ne pouvait qu'à peine soupçonner : il y a un Casino, antenne locale d'un capitalisme débridé broyeur de caissières, de manutentionnaires et d'agents de surface, pas loin de chez moi, que je maintiens en vie par mes achats répétés au lieu de diriger l'intégralité de mon surplus à vivre vers les caisses du Parti.

J'ai honte.

Et si seulement ça s'achevait là...

Mais rien. Non. Rien de ce tétraplégique périple au fond de l'ennui ne vous sera épargné.

"Cette zone grise n'a pas de contours nets, ce n'est pas une force politique en tant que telle, c'est un climat idéologique qui légitime et encourage l'injustifiable. Et grâce aux gens qui se meuvent là-dedans, on a un gros problème de racisme de masse sur les bras."

Voilà : ce que vous venez de lire, c'est tout moi. Une conclusion bateau sur un torrent de platitudes. Ok, c'est une image résolument maritime mais parfaitement adaptée puisqu'on distingue nettement les trous dans la coque et la barcasse qui coule.

Avec mon quotidien et mes hebdomadaires chrétiens démocrates sous le bras, j'ai pris d'assaut la pharmacie du quartier en exigeant les laxatifs les plus violents possibles. Proprement !

Et la fin de mon article, qui atteint un tragique que n'aurait pas renié un Butch enamouré, nous fait Proprement toucher du doigt l'absurdité de l'humaine condition. J'y parle de suicide, multipliant les adjectifs pour faire du volume sur un sujet squelettique, je me lance dans un long (et assez indigeste) paragraphe qui, s'il fait chier le lecteur, continue à me constiper vigoureusement les entrailles.

On n'en sort pas.

Les pompiers m'ont vu en pleine exhibition sur le pont des Catalans. Avec mon mascara qui avait coulé de toutes ces larmes non retenues, je devais avoir un air terrifiant. Quand ils sont venus me chercher, j'ai tenté de pécho. Sans succès. Butch l'a appris. Il boudera ce soir.

Mais ce n'est pas pour ce témoignage que Madame, Mademoiselle, Monsieur, je vous écris présentement.

C'est afin de rien moins que de postuler au poste de journaliste au sein de votre rédaction.

En effet, je me suis rendu compte avec éblouissement que tout ce que faisais ces jeunes gens, c'était la même chose que moi : des fautes de frappes, d'orthographe, pas de relecture, des informations certes amusantes mais sans aucune pertinence, le tout rassemblé dans la rédaction quotidienne de plus en plus bâclée d'articles approximatifs. Je peux assurément et aisément et proprement remplacer (avec audace) au pied levé n'importe lequel de ces glands. Et inversement : n'importe lequel de ces glands peut me remplacer au pied levé, on n'y verra que du feu. Et le fait qu'ils aient fait Science-Po Paris et pas moi n'est absolument pas un problème, même si je crève de jalousie à l'idée qu'ils auront accès à des choses auxquelles je n'aurais jamais la moindre part, et je m'en défendrai Proprement avec la dernière véhémence. Mon égo étant ce qu'il est, et même s'il y a 600 km entre Toulouse et Paris, il a déjà du facilement atteindre votre rédaction. Ne suis-je pas Le Blogueur de Gauche Le Plus Moqué de la Blogosphère Française ?

Nous sommes d'accord.

Pour ces raisons, Madame, Mademoiselle, Monsieur, vous ne pourrez que répondre favorablement à ma pitrerie, qui me permettra de gagner grave de thunes sans bouger de chez moi, pour une ou deux heures de boulot max. Parce qu'en plus, oui oui, je m'imagine crouler sous le fric que pourtant je honnis de tous mes petits poings serrés, pour mes superbes articles finement poncés à la toile émeri de mes nombreuses relectures et de mon esprit affûté comme un paquet de chips. Je vous assure ainsi une fourniture ininterrompue de billevesées convenues, ma plasticité intellectuelle m'autorisant toutes les répétitions du mot audace.

Bien à vous et veuillez agréer toutes ces sortes de choses,

CSP".

jeudi 13 août 2009

Admirablement raccourci



Prenons un texte au hasard.

Mettons, celui-ci :

"Les pseudos intellos qui peuplent et commentent ce site ne sont que des "losers", des aigris, des fâcheux, des rageux, MAIS surtout des morts de peur dans leur petits calebutes, et qui peuvent bénir leurs dieux du dimanche d'avoir Internet pour l'opportunité d'y déverser leur haine. Ils ne sont que d'amusantes caricatures, des électeurs prévisibles et des provocateurs sans courage. Idem pour les bouffe-merde de chez Bellaciao."

Eh bien voilà qui colle parfaitement, non ? Et il est en vérité fort amusant de lire tant de lucidité au coeur de ce bel été, puisque oui certes en vérité : CSP = abruti de compétition qui se pique de "Kültür" pour teinter de Politik ses jérémiades de pauvre petit prolo opprimé. Je n'aurais pas mieux dit.

mercredi 5 août 2009

Si clair

- (Butch) : ...et c'est ça qui est passionnant, c'est la rencontre avec l'Autre, la découverte de ses mondes à lui et le partage, l'échange, l'ouverture qui permet de sortir des ses propres présupposés et qui remet en question ses propres certitudes, dans un échange des cultures qui interroge sur soi et sur son propre monde pour accepter de vaciller et de ne pas se raccrocher à ce qu'on pense être soi mais être dans un doute permanent sur ce qu'on pense être vrai. Tu vois ?

- (Thierry) : Sgronf.

- ...sgronf, quoi ?

- Non, je ne vois pas. J'ai décroché à partir de pré-suppositoire.

- Mais alors pourquoi tu sors dans les bars, les vernissages, tu es souvent dehors en plus, heu je pige pas la démarche, là ???

- Je fais le beau.

- Le beau ? Sois sérieux ! Tu peux pas te lancer dans des défis pareils !

- Heu, mouais, disons que quand je sors, je suis dans une démarche avec une idée précise en tête. La démarche, d'abord : chaloupée. Et l'idée, ensuite : une. N'importe laquelle, peu importe, c'est l'effort qui compte. C'est dur, de nos jours, d'avoir des idées.

- Ouais. Et réellement, en fait, pour de vrai, tu sors dans la rue avec ta démarche chaloupée pourquoi ?

- Bah lever de la belette, bien sûr ! Faire rire femmes. Prendre numéro de téléphone. Revoir femmes. Tenter d'aboutir à interaction sexuelle avec femmes. Echouer. Rentrer en pleurant. Te retrouver. Te cogner. Puis assouvir mes pulsions sur toi.

- C'est tout ?!!??

- Ben quoi ? C'est déjà pas mal.

- Et tu ne sors que pour ça ? Qu'avec cette idée en tête ?

- Oui.

- Remarque, je m'en doutais. Dans les spectacles, tu tiens régulièrement les programmes à l'envers. Aux vernissages, ton verre est plein de liquides différents toutes les cinq minutes et ta capacité de concentration, déjà faible quand tu es sobre, diminue très vite.

- La concentration, je ne la connais que sous forme de camps. C'est comme ça.

- C'est...bon, enfin, c'est quelque chose que je ne comprends pas. Ce n'est pas moi, ce n'est pas ma logique de voir, de faire, je ne suis pas aussi...basique. Quel rustre, décidément...

- Allez, fais pas cette tête. Tu sais bien que je suis gentil. Au fond.

- Bof. Pour le moment, tu n'as pas réussi à convaincre grand monde. Et plus on creuse, plus on se rend compte que sous tes dehors d'ours mal léché sommeil un gros fumier. Attention, hein, tu occupes agréablement le volume sonore d'une pièce avec tes péroraisons staliniennes, on aime beaucoup se fendre la pipe à te voir te débattre, entre l'exagération et la fuite en avant, tu as des tonnes de choses comiques à dire, mais tu n'es pas gentil, ça non. Asymptotique à l'humour volontaire, peut-être. Tu pousses à la réflexion, disons. Dans le mode psychiatrique, quoi.

- Hi hi hi.

- Et le pire, c'est que tu le sais mais que tu n'arrives pas à l'assumer. C'est d'ailleurs amusant comme tu le remets sur le tapis sans arrêt, dans nos "conversations", sur ton "blog". En fait, tu es tellement narcissique que tu ne t'intéresses qu'à toi. Tu n'es pas collectiviste pour rien : comme la presque totalité d'entre eux, tu es égoïste et aigri... Et comme tu ne veux pas suivre une thérapie, tu ne guéris pas. Donc, tu niques pas. Donc tu me cognes et tu continues à mener une vie morne... Un loser très concentré sur lui, en somme.

- Je sais.

- Et ça ne te pose ni problème ni question ?

- Sur mon autre blog, évidemment, j'assume totalement la bestialité latente qui s'exprime parfois quand je te cogne. Je me la joue détaché. Je joue la caricature, en prétendant ressentir des émotions quasi-humaines, tout ça... Mais bon. On est ici, toi et moi, et on ne peut pas trop se leurrer. Evidemment, je suis un déficient comme un autre, mais depuis longtemps muré dans mon petit monde de haines faciles. Côté pile, je fais le dur en bandant mes gros bras, peu ouvert aux sentiments bien que m'en défendant farouchement - n'ais-je pas écrit que je fondais en larme devant des photos de bébé phoque ? - côté face, évidemment, je refuse qu'on me fasse tomber dans les cases du type banal, en proie à ses petits tourments et qui doit passer par un blog (et sa copie décryptante) pour exposer ses turpitudes. Pétri de mes contradictions impossibles à ordonner calmement, j'oscille perpétuellement entre vouloir montrer que je ne suis pas une brute épaisse, et me réfugier dans un J'Assume en carton dès qu'on me le renvoie à la tête, en singeant l'intello cultivé qui cogne avec des sentiments, histoire de brouiller les pistes. La fuite en avant ou le déguisement, c'est selon mon humeur. Ca donne des discours paradoxaux dans lesquels d'un côté je dis, sans pouffer "Cette dictature du sentiment et de l'émotion à tout prix est assommante, à la fin." , reprochant à un système anonyme et complexe qu'on puisse me demander d'exprimer des sentiments, et de l'autre côté, je fais tout un billet pour, précisément, exprimer mes sentiments et m'épencher dans un exhibitionnisme ambigu. C'est pathéthique, non ?



- OK. On va passer à autre chose, alors, et allez, allons au cinéma. D'accord ?

- J'en ai les fesses qui me démangent d'avance.

- Plaît-il ?

- Ah, c'est vrai, tu n'es pas initié. Je t'expliquerai.

jeudi 30 juillet 2009

Dans ta chatte

Comme d'habitude, les fantasmes de la gauche décomplexée se prennent la réalité de leurs mensonges en pleine gueule; et s'il serait fort plaisant de légiférer sur cette pratique aussi marginale que le port du string apparent, il y aurait peut-être des cas plus urgents à traiter. Je dis bien peut-être n'est-ce pas, encore qu'en ce qui me concerne, la situation soit préoccupante.

Ainsi, je n'hésite plus à tenir un discours totalement incohérent, ni à me rouler tout huilé dans mes contradictions, ça vous la coupe, mmmh ?

C'est pourquoi tantôt je milite pour l'interdiction du string au nom de la lutte finale et du Progrès qui Rend Heureux, pour ensuite danser sur l'autre pied en disant le contraire. C'est selon. En fait selon mon humeur, notamment en pensant à ces soirées sans string en hiver au coin du feu, avec Butch. Quel gâchis... Il restera le marché noir, me direz-vous. Certes, mais avec moins de choix affriolant!

Qu'on se le dise, le string n'est pas un instrument d'émancipation. C'est le signe d'une soumission au veau d'or capitaliste qui n'hésite pas à hypnotiser les jeunes filles en leur faisant écouter du Britney Spears pour les conditionner. Ainsi que le montre Chomsky dans son ouvrage sur le complot des médias inféodés à l'industrie du marché.

Par exemple, hier, pour faire diversion, je commence par crier au loup avec la meute, espérant attirer quelque nuage de mouches sur mon blog : et de dénoncer par ci l'islamogauchisme rampant, celui qui contamine notre belle unité idéologique. Histoire de montrer qu'on ne me la fait pas à moi, le coup de jouer l'islam contre la droite. A tout prendre, je préfère encore la droite à l'islam, même si on est du bord opposé, au moins on se comprend entre hémiplégiques. Et niveau discipline, au Parti on a ce qui faut. Pas besoin de cette religion rétrograde.

Comme je disais, parce que ça suffit les conneries. On ne peut pas mélanger les strings et la politique.

Et de m'indigner par là contre cet instrument capitaliste d'oppression phallocrate qu'est l'imposition non des mains, mais du port du string apparent. Odieux symbole de la domination masculine théorisée par le grand Bourdieusky dans son essai sur "La reproduction des classes par l'Organe bourgeois" - un livre si épais qu'il me sert surtout dans certains de mes scénarios onanistes.

On notera au passage que l'argent du contribuable n'est jamais utilisé à bon escient, comme par exemple faire un téléfilm sur le vit (j'ai bien écrit le vit) et l'œuvre de Robespierre, ou mieux encore, déterminer combien il y a de traîtres dans le parti, combien de militants sont capables d'endurer le harcèlement sexuel pressant des cadres aguerris.

A ce stade je suis content de moi parce que je rappelle la taille importante de mon zizi comparé aux ramollis du bulbe qui me servent de camarades de jeu au "N"PA. Vient ensuite l'explication des pièges classiques à éviter dans le parcours du militant, où je fais jouer ma longue expérience des échecs pour m'applaudir tout seul à la fin - non sans avoir, du moins j'imagine, envoyé au tapis de stupeur les jeunots impressionnables qui forment le gros des lecteurs de mon blog.

Je coupe l'herbe sous le pied à mes ennemis de l'intérieur, les Mencheviks et les féministes moustachues qui en veulent à mon corps de motard. En effet. Aux légitimes critiques qui verraient dans mon éloge de l'interdiction du string la simple réaction d'un réac autoritaire et bas du front aux tendances consanguines ambigües, j'annonce d'avance qu'elles ont parfaitement raison.

C'est malin, hein, avouez. Au moins on ne pourra plus m'accuser de tremper dans le sévice public, puisque j'y suis jusqu'au cou.

Bref, à ce moment je fais taire la critique en frappant du poing sur la table. Parce que ça suffit les conneries religieuses obscurantistes, ils commencent à nous pomper le dard, les musulmans, avec leurs coutumes d'arriérés. Foin de chantage à la prétendue islamophobie, les arabes ont qu'à voter pour nous! On leur apprendrait les joies du sexe collectiviste pour mieux les arracher à leur foutue religion, dans la douleur et l'émulation fraternelle. Naturellement, le mieux serait d'en avoir moins sur notre territoire républicain, tel que l'a voulu Maximou dans son Comité de Salut Public, peu perméable aux formes de communautarisme un peu trop débridé. Ou alors des musulmanes féministes et vindicatives, avec des cheveux sales qui se laissent pousser la moustache. Des meufs NPA approved, pas des gueuses qui causent de spiritualité toussa que nous on comprend rien.

Après avoir énergiquement calmé mes camarades dissidents un peu trop démocrates et autres pseudo-féministes aboyant comme des chiennes leur sexologie de comptoir, je me retrouve dans la position du dominateur. Celle que j'affectionne, sauf avec Maximou, dont les muscles saillants me font invariablement préférer une position soumise, pour ne pas dire couchée.

Mais ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Le string à clou ne passera pas par moi.

Puis, je distribue menues baffes amicales aux malcomprenants pour les aider à saisir mon numéro de contorsion. Observez ma rotation quasi-complète autour de mon nombril, lors de l'exercice d'autosatisfaction. Pour ne pas passer complètement pour un apôtre de l'ordre, il me faut en effet maintenant accomplir mon petit rituel, déposer mon étron sur l'autel sacré. A savoir donner quelques mauvais points à l'extrême drouate néo-conne, histoire de ne pas trop donner l'impression que je dis tout pareil, en me démarquant subrepticement. Ce qui n'est pas facile avec ma corpulence, d'où mon aisance notoire d'éléphant qui se déplace dans un magasin de vaisselle.

A défaut d'argument, je tape sur le FN, histoire de réveiller les réflexes pavloviens des troupes patiemment conditionnées après des années de lavage de cerveau. Cette vieille technique fonctionne toujours à merveille, ce qui est quand même fou après 30 ans à servir les mêmes boniments à des générations de zombies.

Il ne faut jamais se lasser des évidences, le port du string n'est pas simplement, pas seulement, un problème moral. Dire "le string c'est vilain, le string apparent c'est bourgeois", c'est encore à la portée du premier frustré venu et on sera encore mal barrés pour faire croire à la consistance de mes talents à l'oral. Mon créneau est limpide : ces dévergondées qui s'adonnent au string sont des victimes de la société, elles manquent d'amour. C'est pourquoi elles sont aliénées. De là à en déduire qu'elles sont folles de moi, il n'y a qu'un pas.

Mais au-delà des apparences, questionnons le symbolique. Le port du string est certes un fléau, mais qui a prospéré sur un terrain social favorable. Or. Pendant plus de 20 ans, les grandes croisades antiracistes furent entièrement instrumentalisées par le gratin trotskyste pour payer des montres de luxe et des cartes de crédit aux instigateurs de cette tartufferie. Sauf que c'est une vision un peu courte qui ne rend pas justice aux effets bénéfiques de l'antiracisme sur le plan de l'enrichissement personnel.

C'est-à-dire celui des mêmes donneurs de leçon qui nous ont gonflé pendant des années. Ceci sans voir que: 1) le terrain de propagation du string intégral fut l'entreprise d'abrutissement de la jeunesse par une pédagogie de masse aussi perverse qu'informée par la pensée libidineuse de Cohn Bandit. L'interdiction partielle sinon totale du string intégral réglerait ce dévoiement de la jeunesse militante dans une dépolitisation décadente de l'Occident socialiste. Sans voir que 2) si ces gens sont poussés sur le terrain nauséabond du string apparent, c'est avant tout un problème politique - car tout est politique pour moi, c'est une question de survie. C'est parce que la gauche les a abandonnés au désespoir du chômage qu'elle avait elle-même crée à force de piquer dans la caisse.

Que la gauche soit responsable de la montée du FN, on le savait déjà, mais ce qu'on voudrait savoir c'est comment récupérer nos électeurs populaires perdus, puisque les ouvriers sont censés voter pour nous. Et bien c'est très simple, il suffit que la gauche radicale s'aligne sur les positions de l'extrême droite islamophobe la plus réac, ce qu'elle a toujours su faire très bien.

C'est par exemple ce que fait le député communiste André Guerrin, à l'origine de la commission d'enquête sur l'interdiction du string. C'est aussi ce que je fais dans mon autre blog, en vitupérant contre le port du string apparent et contre la liberté de choix. Ainsi je continue à couper l'herbe sous le pied de mes concurrents directs, ces autres pantins ridicules de droite qui nous ressemblent tant. Ce qui m'empêche pas au passage de m'indigner aussi contre les islamophobes, tout en maniant avec une fierté assumée mon islamophobie de gauche décomplexée.

C'est totalement incohérent, je sais.
Mais c'est normal, je traverse une période difficile en ce moment.

dimanche 26 juillet 2009

Le Bilan de CSP

Ça y est. J'ai encore oublié de prendre mes gouttes et je me retrouve, une fois encore, à écrire avec peine des billets caricaturaux sur mon autre blog. Enfin, caricatural, ce serait le terme si je n'écrivais pas régulièrement sous un mélange bière au tranxen qui rend l'exercice plus proche de la parodie. Mais j'ai des excuses, je suis une victime - du capitalisme, ça va de soi. Je n'ai pas eu de vacances, ni de réelle relation sexuelle volontairement choisie depuis plusieurs mois. Butch boude et mon syndrome de canal carpien m'empêche d'écrire des deux mains (ce qui explique aussi mes nombreuses fautes d'orthographe et de frappe) ou de soulager les instincts les plus élevés que je puisse invoquer. Parole de militant, parfois, je ne le comprends plus.
Ma vie suxxe grave. Voilà. Alors, je retombe sur mes vieilles lunes cutanées et ...Mais bref. Parlons un peu du bilan CSP.


Cela fait maintenant un bon mois que je me fais spoofer de tous les côtés. Par plusieurs canaux. Au début, comme j'ai l'orifice étroit, ça passait un peu mal, il a fallu lubrifier avec force onguents et pommades frelatés pour faire passer mes contorsions... En fait, ma susceptibilité étant immense, j'en tréssaillais, ça me faisait littérallement bondir sur mon petit tabouret... Ensuite, moyennant des doses massives de préparation H, j'ai fini par y prendre du plaisir. Un peu honteux, certes au départ. Je vous l'accorde. Vous connaissez ma gourmandise. Mais depuis, j'ai surtout mesuré ma vocation d'amuseur public, tant le nombre de personnes qui se moquaient ouvertement de moi augmentait. Et depuis, aucune dose, aussi astronomique soit-elle de paraffine coquine, ne me permet plus d'encaisser ces égratignures constantes à ma virilité.

J'oscille donc entre le billet qui frise le ridicule et celui qui joue grossièrement la surenchère. Franchement. Citer Alternative Economiques. Si ça, c'est pas de la caricature! Qui, à part quelque fossile communiste ou prof aviné dans une Éducation Nationale désabusée, lit encore cet étron orienté qui prétend faire de l'économie alors que le bon sens en demeure si notoirement absent? Ce serait comme s'appuyer sur, par exemple, le Monde Diplomatique, cet opuscule risible se vautrant dans la plus parfaite hémicéphalie gauchiste, jadis dirigé de main de maître par un Ignardo le Ramoneur aux accointances bien connues avec le gentil humaniste Castro, et dont le succès retentissant au sein d'ATTAC permet de mieux jauger sa performance d'illusionniste.

Franchement. En être réduit à secouer les mêmes vieux marronniers. Tss tss. Cépasérieux. Refaire un nième édito sur Mon Combat contre les FAF, ces ridicules pantins d'extrême droite totalement remplaçables par les ridicules pantins d'extrême gauche: si ça c'est pas de la surenchère!

Qui, à part les guignols violents de gauche peuvent mieux se comparer avec les bêtes brunes de droite? Qui des deux groupes a la nuque la plus dégagée, les bombers et les bottes de combat les mieux assorties, les slogans les plus affutés, la descente alcoolique la plus solide?



Non, pas de doute, je me sens mal à l'aise. Un peu à l'étroit dans mon personnage comique, que j'avais taillé trop grand pour moi. Mes lessives sont plus fréquentes, les traces dans les slips plus larges et les moiteurs d'aisselles plus marquées... Je refais, inlassablement, le même triplet de billets, remanié à l'envi, histoire de ne pas lasser les trois commentateurs pathétiques qui m'approuvent comme des moutons sous peine de censure du Buro, avec dans le fond, comme une migraine pénible, l'appréhension de ce que vont donner mes terribles saillies d'enfant gâté qui pleurniche à tort et à travers.

Je tente la diversion. Par exemple, je cogne un peu sur les banquiers et la finance cosmopolite qu'on sauve avec l'argent des contribuables. Et sur Coppé. C'est facile, ça fait du bien, et là, je suis sûr de ne pas trouver trop de critique de ce côté là. Mais bon. Je reste un coco de base, hein, il ne faut pas non plus trop m'en demander. J'hésite pas à demander quand même plus de moyens à l'Etat-papounet, parce qu'au NPA on se la joue aussi libertaire d'opérette à nos heures perdues, alors je conspue son action tout en exigeant des subventions... Logique comme je suis.

Par exemple, partant des statistiques au doigt mouillé d'un fascicule alternatif durable et concerné, je couine sur le désastre social des pauvres opprimés. Je peux en parler, hein, j'en fais pas partie. Je m'indigne que ces statistiques improvisées (par des amis très fiables) ne soient pas reprises par les grands journaux, mais comme je n'arrête pas de taper dessus dans mes autres articles aussi, ça finit par tourner en boucle. Parfois je ne sais plus où j'en suis, avec ces quantités énormes de bière.

Je préfère plaquer ma grille d'analyse désuète de militant fanatique sur le pathétique organe officiel de la drouate, le Figaro, pour prendre la pose, tête haute et mains propres, machoire serrée, ce qui est d'un rapport ténu avec ce que je voulais dire au départ. Dès lors, on peut dire qu'en somme, aux yeux des lecteurs avertis des deux blogs, mes atermoiements n'ont pour ainsi dire aucun intérêt. Sinon de rappeler la taille de mon zizi. Alors que pourtant, les voilà, les syndromes les plus immédiatement représentatifs du troskysme fossilisé dans une haine de soi épaisse. Les voilà, les signes silencieux des échecs cuisants des révolutionnaires au petit pied. Les voilà, les preuves concrètes de déconfitures totalitaires formées par des idéologues criminels! C'est le symptôme du pervers polymorphe.

Le communisme fabrique des crétins brutaux. C'est même à ça qu'on les reconnaît. Et contrairement à la croyance que les trotskystes se complaisent à entretenir, le Grand Soir Qui Rend Heureux n'a jamais fonctionné nulle part. Certes. Au bout du compte ce sont toujours les mêmes sinistres pantalonnades, il est vrai. D'où ma formation en schyzo-analyse.
Parfois j'ai un éclair de lucidité, je vois que le marché a ses bons côté quand les politiciens lâchent assez la bride réglementaire pour empêcher le bordel. Je profite des merveilleux progrès réalisés grâce au capitalisme: mousse à raser, électro-ménager bon marché, vibromasseurs, combinaisons fétichistes, et tous les autres bienfaits du libre-échange comme les soldes. Voilà. Ni les kolkhozes ni les phalanstères n'ont produit ces t-shirts du Che que je porte en taille basse, pour faire ressortir mes muscles turgescents. Ni l'ordinateur sur lequel frappent mes doigts boudinés transpirant de frustration, ni la fée électricité qui l'alimente. Hélas, la moustache du vieux Léon est elle-même devenue un pur produit de marketing pour éternels étudiants concernés. D'où ce drame personnel, la situation dialectiquement inévitable, de devenir un incompris.

C'est vrai, le socialisme fabrique des pauvres. C'est même son but principal: accroître la dépendance des individus, les rendre obéissants, augmenter le nombre des troupes dociles sous l'autorité du Parti. Un peu comme une secte, mais en plus grand. Plus il y a de pauvres, plus on a d'adeptes, c'est comme ça. Alors avec la planification centralisée, on a trouvé un truc pour les multiplier à volonté, à l'échelle industrielle. Et à l'autre bout, la nomenklatura qui s'enrichit sur la crédulité des foules le fait vraiment pour le bien de tous! Contrairement d'ailleurs, à ce que prétendent quelques critiques mensongères des traîtres séparatistes vendus à l'impérialisme atlantiste et réactionnaire.

C'est la fameuse théorie de la redistribution découverte par mon guide Léon Trotsky en 1917 dans son oeuvre prophétique, "Thèses sur la Révolution Permanente" : il faut ramasser un maximum de pognon pour les chefs du Parti. Depuis que j'ai lu Léon, j'ai vu la Lumière. Ma vocation de devenir un leader pour éclairer les masses un peu trop en retard. C'est devenu une évidence, le Parti est un bon parti. C'est pourquoi je dénonce encore davantage le keynésiannisme comme un compromis anti-social glauque, en passant le clair de mon temps à désigner des boucs émissaires pittoresques aux idiots utiles de passage.
80 ans qu'on chante le même couplet, mais on ne s'en lasse pas. Le ridicule ne tue pas le militant aguerri.

Traces d'anesthésie doctrinale et rectale? Pas de problème, c'est le signe qu'on vous soigne. La solidarité? Rien à foutre, allons, pas de ça entre nous. Faites pas de chichi. T'es pas content ? Allez, zou, un petit Comité de Salut Public pour juger les coupables. Depuis le début de ce cirque millénariste idolâtre, on aurait dû en voir quelques effets un tant soit peu bénéfiques. Sauf que non. Pas de caramel, ni de bonbons, chocolat, ni sex-shop affriolant - sujet que je connais bien au demeurant. C'est étrange. Un point de détail dans l'histoire des moyens de reproduction en commun, diront les plus avertis.
Mais l'important c'est d'y croire, c'est d'espérer en cette belle foi progressiste qui pourra éradiquer les injustices. Moi, CSP, j'ai une espérance à toute épreuve. Je suis un incorrigible optimiste. J'attends encore les prodiges à Caracas de notre idole vivant Hugo Chavez, dit Papounet II, qui montre la route à suivre vers le socialisme à visage Humain du XXIè siècle.
Paroles creuses et numéros médiacratiques, où grotesque et bouffonnerie sont les mamelles d'un régime à grosses bottes que je chronique régulièrement avec toujours plus de servilité enthousiaste dans mon autre blog.
La pente est raide mais la route de la révolution est droite. Ou le contraire peut-être. L'important c'est d'aller tout droit vers le haut, surtout dans l'intimité, avec mon camarade Butch.
Bref, on ne fabrique pas que des pauvres, mais aussi des crétins à la chaîne.
Et de plus en plus.

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